Aujourd’hui machines

Durant quelques minutes elle m’a fascinée, c’était la première fois que j’en voyais une de mes yeux. Cette machine semblait m’observer depuis ses yeux rouges fixés sur moi, juger la partie robotisée de mon être. C’était étrange d’être ainsi survolée pour capter des images des ruines où nous étions. Très vite je n’ai plus supporté le bruit, les pales qui tournaient, le drone qui nous surplombait, je n’ai plus supporté j’étais envahie par leur besoin de se grandir, d’arranger un réel inaccessible.
Ils capturaient ce qu’ils ne pouvaient appréhender, une vision plus globale de la structure du lieu ; ils filmaient leur limite.

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides

 


Photos du jour


 
 

Aujourd’hui Moi Je

Moi je ne sait pas. Jamais. Ou alors rarement. J’ai surtout la sensation de ne pas pouvoir, d’être incapable ; j’angoisse. Elle m’a dit regarde sous un autre angle mais dessous et dans tous les endroits et dans tous les envers, la même bouffée d’incapacité, la même incroyable violence dans les angles, même contraires. Je m’inflige une fragilité dont je ne détiens pas l’origine exacte. Ou alors, moi je le sait. Moi je se dit que ça lui appartient, à elle, c’est son domaine, je ne serai jamais à la hauteur de son don, ses mains ne sont pas les miennes.
 

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides
Pas de photo par manque de temps, il est 23h49 et j’ai failli rater mon rendez-vous d’écriture

 
 

Aujourd’hui parce que je le vaux bien



 

Est-ce juste moi qui se hérisse sur cette phrase, le côté publicitaire que je ne peux empêcher dans ma tête, comme si j’étais un produit à vendre ? L’idée voulue féministe m’insupporte de l’avoir trop entendue, ou même – et sans doute est-ce bien plus fort – m’exaspère de devoir valoir quoi que ce soit aux yeux des autres, avec mes cheveux ou toute revendication d’une cosmétique dite de façade : je suis dans le refus marketing.
(Serais-je agacée)

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides
 
 

Aujourd’hui quelque chose écrit sur un objet


Est-ce que l’on comprend, toujours, ce qui est écrit

 

Nous sommes comme au seuil des objets. Ils ont tous, un peu, quelque chose d’écrit, ils parlent à notre regard. Ils disent agenda 2017, ils rappellent s’égarer dans les pages et les retrouver, ils expliquent carnet de griffonnage, ils soulignent ce que nous savons d’eux, nous invitent à entrer en résonance. Ils nous voyagent de chemins fragiles en assurances colorées, inventant un entre-monde où nous perdre pour mieux nous faire revenir.
Ils sont ce souffle qui nous accompagne de mot serrés, une discussion sur l’état du Monde, singulière. Indescriptibles objets qui se disent sans se dire, dans le silence de nos yeux.
 

D’après l’exercice 366 réels à prises rapides