Si tu pouvais m’entendre

Fièvre, éternuements.. suis malade.

J’ai pourtant décidé que peut-être (si, c’est une décision.. si si), j’allais reprendre la photo, et virer le blog Ambre, les déposer dessus. Ca sera sans aucun doute différent, plus noir, j’ai pas envie de prendre des fleurs.. et puis tu n’es plus là pour me dire « regarde cette feuille comme elle est bizarre, étrange, belle, rouge, éclatante, cassée, .. », je n’ai plus rien à prendre en photo qui vienne de toi.
J’ai toujours voulu prendre ce qui était beau parmi un amas de saletés, pour montrer aux gens que la beauté est partout, il faut juste regarder.. tu trouvais que je passais trop de temps à faire ça, pas assez avec toi. Aujourd’hui je regrette ces moments volés, être avec toi était plus important, c’est toi qui avais raison.

J’ai pas eu le temps de te dire que le we où tu es mort, j’avais changé ma vision, j’avais envie de photographier les gens et plus quelque chose de statique. Je te l’aurais lundi au téléphone. Comme j’allais aussi te dire où j’étais réellement.. c’était un refus de savoir, pour que tu meurs sans que je puisse te le dire, au moment où j’allais te le dire ? Je m’en veux.. tellement..
Tout le we, j’ai photographié des gens que je ne connaissais pas, des gens en vie, heureux, malheureux, tristes, pauvres, sdf, au téléphone, énervés, en train de lire.. tout le we.

Je me dis que tu es mort dimanche apres-midi, quand la branche d’arbre est tombée, la branche morte que j’ai failli prendre sur la tête et qui s’est fracassée derrière nos pas à une seconde près.. le légiste a dit le we, sans doute le dimanche.. je suis sûre que c’était toi, cette branche morte..

branche morte, arbre vivant.. explique-moi.. explique-moi..

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