Il suffit d'un mot

Si tu pouvais m’entendre

Mauvais tiroir

J’ai des souvenirs à la pelle, où tu figures en première place.

Je me souviens la première fois que je t’ai vu, avec tes yeux verts clairs et ta grande taille, de cette envie de parler avec toi tout le temps.
Je me souviens de ta première tentative pour m’embrasser, que j’ai repoussé, que tu as retenté 4 mois plus tard.
Je me souviens de toutes nos premières fois, de mes larmes, de mes angoisses, de nos nuits, de mes nuits, de mes terreurs, de mes doutes. Je me souviens comme tu t’accrochais.
Je me souviens de la nuit où tu m’as dit « je t’aime ».

Je ne sais plus quoi faire de mes souvenirs, ils affleurent, se précipitent, se retrouvent dans le creu de mes mains.. et je ne sais quoi en faire. J’ai cette sensation terrible que mes souvenirs n’ont plus de raison d’être, que je ne peux les transmettre à personne ; sensation que les tiroirs dans ma tête s’ouvrent violemment, tombent, s’éparpillent, et que les ranger ne sert à rien.

Ce n’est même pas que j’ai envie de parler de mes souvenirs.. c’est juste qu’ils sont là, inutiles, au bord de mes yeux et de mes larmes, qu’ils voudraient être exposés mais qu’il n’y a pas de raison à ça.
Impression d’être une vieille grand-mère en plein radotage, qui s’efforce d’imposer ses souvenirs d’entre-deux guerres à toutes les personnes qui passent à proximité.

Impression que je ne pourrais jamais faire mon deuil.

Hier soir, Nours est venue dormir sur ma poitrine, ce qu’elle ne fait jamais (normalement elle dort sur mes jambes, point). En réalité, elle y a passé la nuit. Je tremblais comme une feuille, pétrifiée par un tas d’images de toi, de mon passé, de ma mère..
Tu n’es plus là pour que je te transmette mes journées, ma vie. Je ne peux plus partager.
Et ça me fait peur, cette solitude.
Elle fait mal.

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