Si tu pouvais m’entendre

Présence

J’ai cet énorme problème de dates sur les bras.
Tu es mort le dimanche 17, en fin d’après midi, vers les 17h – 17h30, moi je le sais. On t’a trouvé le 19, l’acte décès est de ce jour là. Mais parfois l’administration, comme ma banque, te dit mort le 18. Je m’y perds, c’est terrible, trois jours. Trois jours où je m’épuise à me dire que tu es mort, que c’est une date éprouvante, trois dates éprouvantes. >J’ai beau me dire que pour moi, c’est le 17 il n’en reste pas moins les deux jours suivants… Et ça me frustre de me dire que à la cérémonie, avant la crémation, j’ai zappé la date de ta mort sur ton cercueil, je n’ai vu que celle de ta naissance. Quelle ironie..

Je me suis abimée la main, un peu. Par angoisse, par souffrance, par rage surtout. Ca fait mal, sous la douche. Ca me dit que je suis vivante, moi. C’est idiot je sais bien, je pourrais demander à n’importe qui, il me le dirait, que je suis vivante. Ca m’a pas empechée de me faire mal, d’aller mal, de pleurer, de craquer.
J’avais cette sensation que tu n’étais plus là, déjà.. réincarné.. absent. Je n’ai pu que t’appeler, j’ai tellement de questions sans réponses, de questions sans toi pour les écouter..
Je sais que cette fois, tu as essayé de me parler, je n’entends pas et ça me frustre, ça me fait peur de ne pas t’entendre. Mais au moins, je t’ai senti, tu étais là, près de moi. Tu es puissant.. je n’en reviens pas.
Merci d’être venu, même si je t’entends pas, même si je te vois pas..
Je me suis sentie moins seule, pendant quelques minutes très précieuses.
Et puis j’ai pu te parler, même si je n’entendais pas les réponses. Ta présence à mes côtés était une réponse en soi de toute façon, et ça m’a apaisée un peu.
C’est rassurant, que tu m’entendes.

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