Je m’inquiète. Je stresse. M’énerve.

De ces différences qui font que parfois les conversations s’éternisent en quelque chose qui devient vite incompréhensible. De ces réflexions où le cerveau n’est pas rapide. De cet autre qui n’existe pas. Plus. Jamais. Fin de l’histoire.

Au départ j’ai essayé. Promis. Les différences, ça ajoute du piment. Et puis il faut bien admettre que personne ne ressemble à quelqu’un d’autre. On est unique. Mais parfois, on pleure tellement ce qu’on a aimé, connu, souhaité, ce qui faisait la spécificité de cet amour solide qu’on partageait, qu’ensuite.. c’est l’horreur. Une vraie déchéance. Alors quand je ne le comprenais pas, je fuyais. Je me suis exilée dans un ailleurs où il n’accèdait pas, pour ne pas voir qu’on ne se comprenait pas. Et que j’en aimais un autre qui n’était plus. Qu’il ne serait pas. Plus. Jamais. Fin de ce nous.

Un jour j’ai fui. Promis. C’était mieux ainsi. On se voyait moins. Mais il ne comprenait pas, il s’obstinait, il cherchait ma présence, m’envahissait. De plus en plus. Il me suivait dans chaque pièce, tournait autour de moi, utilisait mes affaires, voulait toujours m’aider à quelque chose. C’était gentil. C’était exaspérant. C’était à hurler. Je lui ai dit d’arrêter. Il a essayé. Mais il m’aimait, il disait.

Alors un jour, je l’ai frappé. Juste une fois. En pleine tête. Ça m’a fait du bien. A lui aussi car il a fermé les yeux.

C’est comme ça, que je suis allée à mon deuxième enterrement.

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