Dans un verre

Dans un verre

Les mains pleines et un estomac vide.

Je fuis. Doucement. L’esprit vagabonde, saute, s’effondre dans un coton bleu comme le verre. Une maladresse et le bureau me ressemble, sent l’alcool ; j’éponge mes faiblesses.

Ça s’infiltre dans mes veines, insidieusement. Pas suffisamment. L’ivresse n’y est pas, le cœur non plus. Ca ferait peut-être moins mal si je partais dans le verre. Je savais tout ça, la douleur quand tu fais bien et que les reproches pleuvent sans raison. Je ne pensais pas le revivre. Je ne lui en veux pas. J’en souffre. Plus difficile à gérer.

J’en tombe. Dans le verre. Dans la musique. Dans le lit. Dans ses mains. Dans moi. Dans les larmes. Je ne me sais plus.

Il parle de notre nuit. Beaucoup. Il a ressenti chaque mouvement dans sa différence.

Il est là, plus sûrement que ce qui coule en moi, plus sûrement que mes angoisses. Doux. Attentif. Je me perds en lui et lui en moi, l’odeur s’écoule, s’évade et je me révèle. Sans tout saisir de toi en moi et de moi en toi. Une boucle a cassé et se promènent langues et mains comme jamais. Je l’aime. Il ne force rien. Jamais. Il attend que j’aime. Mon corps. Mes imperfections. Mes perfections. L’amour. L’hier.

J’attends de voir mon chemin. Mon corps. Mon regard sur moi. La boucle brisée. J’attends de comprendre tout ce qui vient de changer en moi. Qui m’échappe.

Et. Comprendre. Qu’il faut. Refuser. Vivre. Penser à. Être soi-même.

Arrêter de se raconter les jours brisés.

Mon insignifiance bat de l’aile et prend une forme autre dans ma démission, dans mon refus d’être blessée, d’être trainée dans la boue, dans mon refus de l’argent et de la bataille, dans ses mains et contre sa peau, dans ce qui se brise en moi, dans ma liberté de choix.

Je ne suis que moi et je vais en décevoir de ne rien faire. Ce moi change encore. Se cristallise. Se dessine. Je l’admire de me suivre dans cet envol qui nous bouleverse jusque dans nos caresses intimes.

Je ne suis que moi. Laissez-moi apprendre à m’aimer. A ma manière. Dans mon intimité. C’est déjà tellement perturbant..