Harry Potter, où comment ne pas se faire des amis

J’ai relu l’intégralité des Harry Potter, du fond de ma déprime. Avec délice j’avouerai, il faut reconnaitre que l’univers est merveilleux (que ne donnerai-je pour savoir transplaner ou me servir d’une baguette magique) et les personnages sont très attachants.

A quelques détails prêts.

Quand le premier livre est sorti, tout le monde en a parlé. Je suis d’un genre méfiant, j’ai mis deux ans à ouvrir pour la première fois ce premier tome : plus on parle de quelque chose, moins ça me donne envie. <em>Une sorte de méfiance envers les humains</em>.

Et puis tout de même, deux ans et toujours à faire parler, j’ai pensé que peut-être, je passais à côté de quelque chose.
Je l’ai donc ouvert.
J’ai lu les premières lignes, puis j’ai tourné la page et j’ai définitivement décidé de ne plus le rouvrir. Son engouement m’était soudain incompréhensible.
Comment pouvait-on aimer ce discours bébête ? J’avais l’impression d’être une gamine de 4 ans à qui on explique que y’a des zens messants et des zens zentils.

Encore deux années ont passé, quand une femme chez qui je travaillais m’a dit à quel point c’était merveilleux et qu’il fallait que je le lise viiiiite.
Je l’ai donc lu viiiite. Quatre tomes en une semaine.
Je n’ai pas regretté.

Par contre, je crois que mon cerveau, après avoir mis temps de temps à me laisser convaincre, à mis de côté tout ce qui ne me plaisait pas.

* La famille Dursley. Une caricature de méchanceté, de bêtise, de ridicule qui dépasse l’entendement. Même dans le dernier tome, je reste choquée par Pétunia incapable de dire un mot à Harry, alors que ça fait 15 ans qu’elle lui sauve la vie en le gardant sous son toit, ce qui n’est pas rien dans l’implication émotionnelle que cela demande. Elle n’est pas adulte, elle est encore la petite fille jalouse de sa sœur. Qui en est tout de même morte, moi ça aurait calmé net ma jalousie.

* Le cousin Dudley, personnage qui a toute mon incompréhension, ma peine. Je ne peux dire <em>toute </em>ma compassion car celle-ci va à Drago Malefoy, en toute honnêteté (autre sujet). Dudley n’est même plus une caricature, il est au-delà de ça. J’ai hurlé intérieurement chaque fois que l’auteur l’a mis en scène. Il est gros c’est donc un porc sans cervelle, dont l’exploit est d’aligner 4 mots sans bafouiller. Je ne comprends pas, quel que soit le succès d’un livre, que personne n’est exprimé un tant soit peu de colère pour ce personnage qui rabaisse à un niveau de non humanité, les gros, les boulimiques, les gens simples. Relisez le livre si vous ne comprenez pas de quoi je parle, c’est choquant. Seul dans le dernier livre, on le voit remercier Harry, à sa manière certes, mais là encore, ça lui demande un effort cérébrale ! L’auteur a un sacré problème..

* J’aurais aimé savoir, mais je suis sensiblement concernée, comment va gérer George la mort de son frère jumeau. Comment vont se refaire les liens avec Percy, qui arrive en pleine guerre, au moment où va mourir un de ses frères. J’aurais aimé voir davantage de cet après, dans la famille des Weasley.

* Je ne comprends pas comment elle a pu passer à côté du lien unissant Harry et son filleul. Elle fait mourir Tonks et Lupin, laissant un enfant orphelin dont il est le parrain, et rien.. l’enfant n’a jamais vécu avec eux, on ne sait pas rien. Pourtant, Harry est le premier à savoir ce que c’est que perdre ses parents et l’importance d’un parrain.

* Je reste choquée par la fin du livre. J’ai bondi de mon siège quand je l’ai vue donner aux enfants, tous les prénoms des morts. Le lien mortifère qu’elle crée est une horreur pour moi, le poids qu’elle pose sur ces dernières pages me heurte. C’est pour moi inadmissible. <em>Sois à la hauteur de ton nom mon petit</em>!
Je soupçonne les éditeurs d’avoir demander une fin quelconque pour que personne ne puisse reprendre la suite de Harry, une protection égoïste qui nous vaut cette fin balancée n’importe comment.

* On apprend rien de Luna, Neville et tous les autres. On manque cruellement d’information sur tellement de choses.. Tant et tant de choses à dire sur le lien de Severus Rogue et Harry, sur les révélations faites, sur la réaction de Harry quand il apprend enfin pourquoi il le hait (le poids du survivant, quand il aimait tant sa mère.. on comprend soudain pourquoi il hait un jeune garçon qu’il veut voir ressembler, lui aussi, à James.. reproche qu’il fait à Sirius alors que lui-même n’en est pas à l’abri.. D’un point de vue psychologique, on perd une approche superbe entre ces deux personnes. On a les révélations d’un mourant, et.. Harry se dit qu’il va devoir mourir. Soit. Mais plus tard bordel ?! Sept années de haine envers un homme ça demande un certain retournement de pensées ça! Mais non, rien. Je suis restée frustrée, sur ma faim, ça aurait pu amener quelque chose de tellement intéressant..

* Autre lien psychologique d’importance, celui avec Drago Malefoy. Ce garçon, qui n’a pas su être à la hauteur de la méchanceté attendue, pas su tuer un homme. Ce garçon qui pleure tout au long de l’année de ce qu’on lui demande. Ce garçon encore, qui se fait sauver la vie trois fois lors de l’ultime combat de la série.. Tout ce à quoi on a droit, c’est à un signe de tête lors d’une rencontre sur un quai de gare ??! Je suis furieuse de si peu de considération pour les lecteurs, mais aussi envers les personnages qui méritent bien mieux. Un petit face à face nous aurait bien éclairé pour savoir où en était cette famille qui a subi un tel revers lors de l’ascension de Voldemort, et puis situer les relations de Harry et de Drago n’aurait pas été du luxe.

Non vraiment, je persiste à dire que je me suis régalée à lire ces bouquins, c’est une merveille, un bijou, un monde qui fait rêver.
Mais si j’avais eu l’auteur sous la main, ..

Like