Noire rage

Il est si difficile d’oublier ce dont on est imprégné, si dur de repousser ce qu’on est fondamentalement.. Chaque jour, je me bats. Contre moi. Contre ma violence. Contre Elle.

C’est quelque chose de froid, de puissant. Elle est presque là, à côté de moi. Les sourcils froncés, de son aura si noire. La peur n’est plus la même, je n’ai pas peur d’elle, mais de moi. Peur de ma voix qui prend de l’ampleur, peur de mon bras et de sa vie propre. Je la vois elle, qui me tombe dessus, et j’ai peur de ce que voit mon fils. Il y a un fantôme au-dessus de moi, et il le sent.
Il attend. La tape qu’il reçoit sur la cuisse ne lui fait rien, et je maitrise suffisamment pour ne pas surenchérir, ne pas continuer la spirale, ne pas lui tomber dessus.
Je ne maitrise que difficilement la première et unique tape. Je ne maitrise pas du tout ma voix trop forte, trop puissante, trop énervée.
Lorsque ma voix s’emporte, que faire ensuite, quand il recommence alors que j’ai déjà utilisé le maximum ?

Il sait tout ça.
La tape le fait rire aux éclats ou peu s’en faut. Ma voix ne le fait pas broncher, il me sourit.
Cela m’énerve mais ça au moins, je le maitrise.

Je ne ferai pas de mon fils, un enfant battu.

Une personne de notre entourage, s’est dite choquée par une tape donnée devant elle. On ne donne pas de fessées aux enfants, inadmissible pour elle.
Mais elle tape son chat. C’est là où je ne peux admettre un tel jugement, l’animal a droit à autant de considération, autant de respect qu’un enfant.
Et puis.
Je fais ce que je peux.

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