La sève qui est en moi

Je ne suis pas chez moi.

J’habite une belle ville, très étudiante, très éclectique, relativement bien boisée, très agréable. Parfois lorsque le vent s’amuse on sent le parfum salé de la mer, que je vois de mes fenêtres, bien qu’elle soit loin de nous. A vol d’oiseaux, je la crois à 40kms.

Je suis sous le soleil quand il pleut chez vous, sous la chaleur quand vous avez un pull. Je suis bien ici.
Mais.
Je ne suis pas chez moi.

Il ne pleut pas assez. Les herbes sont jaunes, les arbres sont bas, je manque cruellement de forêts denses, vertes, intenses, de faune et de flore. Ici, pas de bruit suspect derrière nous, d’animaux nous n’avons pas, de sangliers on ne risque pas de croiser. J’aimais cette inquiétude soudaine, cette attente d’un autre bruit suspect qui nous indiquerait une direction ; pour aller dans l’autre sens, dès fois que ce serait une laie.
J’aime leur vert profond, plein de vigueur, la sécurité que ces forêts renvoient, la sérénité qu’elles imposent. J’aime photographier le héron qui s’approche de l’eau, les branches qui font des recoins à sorcières.

Je suis en manque d’arbres, de forêts, d’odeurs de racines.

Je ne suis pas chez moi, et parfois j’en dépéris.

Et puis hier nous sommes allés au jardin des plantes, et ce fut un bien-être merveilleux.. Mon beau-frère m’a sorti <em>tu es vraiment une elfe</em> ! Et c’est vrai..

Pour autant, même si je n’aime pas beaucoup cette région, je la respecte infiniment. Sa capacité à survivre dans une hostilité permanente, ce manque d’eau qui ne l’empêche pas une seconde de s’imposer, m’impressionne et je ne peux que m’incliner.
Et faire des photos qui tentent de la mettre en valeur.

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