Mon état émotionnel étant ce qu’il est, je n’ai pas très bien accueillie ma nouvelle pensionnaire. Son ancienne propriétaire, qui me faisait une surprise de taille, attendait visiblement des cris de joie et des sauts jusqu’au plafond, au lieu de quoi j’ai fondu en larmes. Et si mon fils, inquiet, n’avait pas tenté de me consoler, j’aurais pu pleurer longtemps..

Je le sais, je ne sais pas recevoir les cadeaux. Je sais en faire, je suis capable de les préparer des mois à l’avance sans rien dire, mais recevoir m’a toujours fait flipper. <em>Je
remercie ma maman, le père-noël, le père fouettard, ..</em>

Avec la vieille dame, on se regarde. Comme pour les deux précédentes, on apprend à se connaitre avant de trop s’approcher l’une de l’autre. Elle a l’air très gentille, mais elle m’intimide. Un peu. Moins que la première, plus que la seconde.
Mon fils, qui n’avait pas fait un tel accueil aux précédentes, a cherché à monter sur la table pour l’approcher ; il a fallu l’enlever plusieurs fois. Oui, de la table, mon fils crapahute partout, même sur les toboggans des grands qui me dépassent en taille. Il fonce plus que moi, et avoir moins peur que moi n’est pas chose difficile, merci je sais.

Mais reparlons de la bête.
J’ai commencé à l’apprivoiser, et même sans mode d’emploi j’ai fini par comprendre la plupart des choses qui la concernent et qu’elle n’a pas voulu me dire elle-même. Elle est tellement vieille que j’ai du tâtonner pour comprendre comment elle marchait en arrière, comment la faire jouer avec un fil, pourquoi elle s’arrêtait d’un coup comme si elle était vexée, pourquoi elle cassait son jouet sans prévenir, et surtout, surtout, comprendre qu’elle ne mangeait pas n’importe quoi.
Madame est difficile, je vais devoir lui acheter une ou deux boites rien que pour elle, si la marque existe encore. Je l’espère sinon ma vie va être bien compliquée ! Mais mise à part ça, je sens que toutes les deux, on va se plaire.

La vieillesse octroie des privilèges, je la bichonne, ma nouvelle machine à coudre.

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