Il suffit d'un mot

Eito (lampe d’ombre), de Daniel de Bruycker

Le livre m’a prise par surprise, posé face à moi sur l’étagère de la médiathèque. On ne saurait dire pourquoi parfois mais un livre nous parle, appelle, demande à être lu, et c’est ce qui m’est arrivé avec celui-là.

Je l’ai lu en deux fois, gnome oblige, mais les deux fois où je suis ressortie de ce livre, j’étais dans le même état que l’auteur. Un peu sonnée, un peu ailleurs, un monde à part où rien n’est important sinon la journée qui passe, toujours la même..

Nous sommes à Hiroshima, le 6 août 1945. De l’explosion atomique, il n’a pas de souvenir, de sa personne non plus. Son innocence face à ce monde dévasté, éclatant de blancheur, brûlé, mort, est perturbant ; on met un moment à comprendre son état de choc, état dont il ne sort pas, ne sortira pas. De son corps malade il ne dit presque rien, l’importance de son regard se place dans le monde qui l’entoure.

De ce choc empli de douleur, nait une poésie terrible, incongrue. Déplacée.

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