Absente à la folie

J’ai présumé de moi.
Je suis à la porte de chez moi, angoissée, sans envie, sans désir.

Ce soir, j’étais avec les enfants que je garde, on jouait au monopoly. Jamais je crois, je n’ai été autant déconnectée d’un jeu. Je ne pensais pourtant à rien d’autre que jouer, acheter, payer.
Mais je n’arrivais pas à me concentrer. Un mal fou à compter les points des dés, tout le long j’ai maintenu que 5 +4 faisait 10. J’ai ri avec eux, mais je sentais à chaque erreur, l’angoisse qui s’installait davantage. Ce poids si lourd au niveau du plexus, et mon envie de claquer la porte et prendre la fuite.

Tellement dur de me bouger, d’être là. D’être claire.
Je peux rester des heures, à ne rien faire.
Absente à moi-même.

Tout ça à cause d’une crise de claustrophobie samedi.

Je voudrais retrouver le sommeil, afin de récupérer. Retrouver l’envie de voir des gens, au lieu d’être une ermite. Retrouver l’envie de cuisiner, de coudre, de créer. Retrouver l’envie d’écrire, même si j’ai la sensation de ne plus rien avoir à dire. Rien à dire, que du blanc, du vide, rien.. ce rien est terrifiant..

Il n’y a que le temps, finalement, qui soit en ma faveur. Parce que toujours, toujours, je remonte.
Juste attendre.
Attendre.

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