Le cauchemar n’est jamais loin, et il est dur de ne pas le transmettre à mon fils, de ne pas lui montrer mes angoisses. Je me discipline, mais il sait forcément. On ne cache pas grand chose aux enfants, ne nous leurrons pas.

J’ai grondé mon fils, et l’angoisse est montée. Dans le même temps, en parallèle, ma voix et ma peur.

Alors nous avons fait la paix, il a ramassé les paquets de pâtes, on s’est fait un bisou. La tension est redescendue, mais la boule dans ma gorge est restée. Et j’ai dit au revoir à mon fils, avec une envie de pleurer.
Émotions incontrôlables. Le monstre de mes cauchemars, le mien.

Je ne suis pas capable de laisser partir mon fils loin de la maison, sur une engueulade, une incompréhension, un raté quelconque.

On ne sait jamais. Je le sais. Je sais au moins ça.

Je ne peux pas me préserver de ce qui peut arriver à l’extérieur, je ne peux rien contre le fait qu’il commence déjà à vivre une vie indépendante de la mienne, même à presque 22 mois. Je l’y encourage, je fais en sorte qu’il fasse les choses par lui-même, je ne veux pas être trop derrière lui. Et c’est dur d’avoir le juste milieu.

Je ne peux que m’assurer que nous nous quittons sur un sourire.

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