J’ai eu une éducation assez particulière.
A coups de martinet, chaussures, ceinture, ma mère m’a inculqué toutes les notions qui lui semblaient importantes. Sur le moment, ou sur le long terme.
Sans père pour contre-balancer la folie de ma mère, j’ai grandi sans référent paternel fixe.
Et ma mère ne s’est tourné vers personne, ou personne n’a eu l’idée suicidaire de rester. Quelque hommes sont passés dans sa vie mais pas par son lit (nous dormions dans la même chambre,je l’aurais su). Plus sûrement elle a dû passer dans le lit de ces quelques hommes. L’un dans l’autre, rien n’a duré. Elle oubliait je crois, de les choisir fidèles.
Jamais je n’ai vu ma mère s’intéresser à quelqu’un passant dans la rue, jamais je ne l’ai vue regarder un homme pour le plaisir des yeux.
Elle m’a éduquée c’est certain, mais sa violence a brisé beaucoup de ses messages.
J’en ai retenu un, qui était que le corps d’une femme c’est beau, le corps d’un homme, c’est laid.
Lance-toi à la conquête du sexe avec ça..

Mes grands-parents sont d’une ancienne génération. On ne regarde pas à côté, on subit le mariage qu’on a. Ils m’ont élevée dans une ambivalence particulière, avec pour chaperon la religion catholique.
=> « On ne va pas voir ailleurs, le mariage est sacré, ne couche pas avant le mariage, mais.. teste avant de te marier ne fais pas la même erreur que moi, pas de préservatif (versus pape),
protège-toi (versus mère-grand rougissante) ».
..
Amuse-toi à démêler les mots, leur sens, et ce que je te dis pas, quand tu auras réussi tu seras prête pour le sexe ma fille..

Et puis un jour je devais avoir une quinzaine d’années, un de mes oncles a appelé ma tante. Il regardait à la tv, une belle fille, et voulait partager ça avec sa femme.. et j’ai été scotchée.
Simplement perplexe que quelque chose d’aussi libre soit « permis« . On pouvait lever les yeux en marchant, on mourrait pas foudroyé.
Parallèlement, mon oncle et ma tante disaient aussi que c’était une honte qu’une fille grosse passe à la tv.
J’ai eu le bon sens de prendre le meilleur et de jeter le reste.

J’ai toujours appliqué ce principe depuis, et je laisse aller mon regard autant sur une femme que sur un homme (même si la question ne se pose pas : je suis attirée uniquement par les hommes). Je regarde et je partage avec mon mari, et inversement. Même au temps où je n’avais aucune confiance en moi dans mon couple, je n’avais aucun complexe sur ce point, voir même j’engueulais mon (précédent) fiancé quand il me signalait la belle fille un peu tard ^^

C’est une liberté qui n’a pas de prix, ce regard qu’on pose et qu’on partage.

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2 Comments:

  1. Bienvenue dans la communauté des manuscrits en ligne. Je vous souhaite un bon parcours parmi nous. N’hésitez pas à venir présenter votre blog sur le forum de la commuanuté pour être visible des
    autres membres. A bientôt j’espère.

  2. Tu as je pense une force de caractère peu commune, mine de rien, pour t’être relevée de tout ça, pour avoir créé des liens avec ton compagnon, fondé une famille, construit ta vie…

  3. LN1

    Mouais …. nous le sujet de la sexualité était absente, niée, sale, gênante … Ma mère a fait ce qu’elle a pu : vers 13ans elle m’a acheté un livre censé tout m’expliquer. C’est mieux que
    rien. Mais ça laisse des traces…

  4. C’est une histoire très intéressante et je trouve ça très courageux de la dévoiler au public. Et par ailleurs, j’adore les images que tu utilises, si tu as le lien je suis preneuse.

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