Certains jours, le soleil se lève.
Je m’étire dans mon grand lit vide, j’entends mon fils hurler sa joie d’être réveillé , j’imagine mon mari en train de s’occuper du petit déjeuner. Je songe tranquillement à tout ce que je dois faire ; passer devant la machine à coudre, ranger les tissus, plier mon linge, m’occuper de la cuisine inhumaine et vaguement trollesque, aller travailler.

Certains jours, le soleil ne se lève pas.
Je m’étire dans mon grand lit vide, j’enfonce mes boules quies et m’enferme dans le silence. Il n’y a pas d’explication précise, je ne suis pas toujours capable d’ouvrir les yeux. Je me lève dans le noir.

Cette nuit, j’ai rêvé de S. Sans doute parce qu’on a parlé de lui avant de s’endormir.
Nous courions, nous devions nous échapper, dans une sorte d’époque nazie et il se faisait prendre volontairement pour moi, pour me laisser la possibilité de m’enfuir. Son regard pèse encore sur moi, quand il s’est tourné pour me montrer le recoin, la fissure, où me blottir. En hauteur.

Je me demande si je considère sa mort comme une possibilité de rester vivante, d’exister. La première seconde d’un vide à combler, la première seconde du reste d’une vie à vivre.
Parfois il n’est qu’un songe, né d’une solitude, sans qui le mouvement aurait été impensable.
Parfois il n’est qu’absence.
Toujours, il y a son regard d’enfant blessé sur mon départ. Je voulais devenir sociable. Une nouvelle relation avec moi-même. A défaut, j’ai parlé seule longtemps.

J’ai ce petit carton blanc, quelques affaires lui ayant appartenu, des instants partagés, une année de vie retracée, sa faluche, une bague. Dont je ne peux me séparer.

Je suppose que j’y suis reliée à jamais.

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Château de Brezé – 2004

9 Comments:

  1. j’ai trouvé ton lien chez Marc de Metz où tu es entré ce jour dans la communautés des architectes d’Intercoeurs. Bienvenue à toi parmi nous. Je vais me promener un peu sur ton blog.
    Amitiés
    Violette
  2. en voir une belle rencontre comme seul le net peut parfois nous réverser de belles choses et en plus nous avons Aaron en commun alors là je signe tout de suite bonne route et longue vie à ce blog
    à bientôt

  3. Il n’y a aucun doute sur la durée de vie de ton blog c’est un CDI cette affaire là hihi

  4. oh mais dis-moi tu me sembles chagrin toi!!!!! allez zou comme on dit chez nous bouges-toi et surtout fais toi plaisir bonne et douce nuit si tu vas faire dodo ne t’inquiétes de rien je veille
    toute la nuit car je travaille donc je suis d’humeur taquine hihihi

  5. Blanche

    Oui : longue vie à ce blogue… au moins on porte pas de carton quand on te suis dans tes déménagements 😉

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