Si tu pleures je t’aime

Quand mon fils me regarde partir en pleurant toutes les larmes qu’il a en lui, j’ai le coeur qui s’effondre. Et je ne peux m’empêcher de penser à ma mère qui faisait tout pour que je pleure quand elle partait. Et que je regardais, droit dans les yeux. Sans une larme en moi. Ca la rendait folle. Ma grand-mère lui disait « mais pars donc, pourquoi tu veux la faire pleurer cette gamine ? » Oui, pourquoi.. ?

Elle s’en est vantée quelques années plus tard, elle se vantait de tout ma mère. Fière de tout et peur de rien, ma mère. Elle m’avait même enregistré sur cassette audio, j’avais 3 ans. Elle me disait « tu n’es pas gentille, maman ne t’aime plus ». Et je répondais, sûre de moi « siii zentille ». « Non, maman ne t’aime plus ». ‘Siiii ». Au fur à mesure, je suis moins sûre de moi, et à la fin de la cassette je suis en larmes et elle termine en disant « mais-si-mais-si-mais-si ! ».

Elle le ferait sans doute toujours, mais je ne suis plus là pour l’écouter.

Parfois j’ai peur de louper des milliards de choses avec mon fils, et puis je me souviens de ma mère.
Ca a son côté apaisant.

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6 commentaires sur “6”

  1. C’est dur à lire, je n’imagine pas ce que ça a dû être à vivre… Tu es forte d’avoir eu un fils et de l’élever sainement malgré tout, avec l’amour qu’on devine.
    Bises bises

  2. Si l’amour était là, c’est vrai que c’est l’essentiel de ce dont un enfant a besoin.
    Ca ne rend pas le reste moins difficile, mais ça laisse la possibilité de « recoller les morceaux » plus tard, comme tu dis.
    Un enfant qui n’a pas eu d’amour du tout doit avoir énormément de mal à s’estimer lui-même.
    Bisous et douce journée à toi !

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