En regardant des photos et des vidéos de mon fils bébé, j’ai réalisé que lorsqu’il était tout petit, nous lui laissions une grande marge de manoeuvre pour découvrir le monde loin de nous. Au fur et à mesure, nous avons dû nous adapter quand il a commencé à TOUT mettre à la bouche, et après avoir du retirer de sa bouche un bonbon rose non-identifiable nous nous sommes retrouvés à être sur son dos à chaque instant.

Et nous y sommes restés.

En revoyant donc ces vidéos, j’ai pris conscience de ça, j’en ai parlé avec mon mari, et aussitôt nous avons rectifié. Cela fait trois jours maintenant, et notre enfant est soudain plus zen, même à la maison (alors que le problème était à la base en extérieur). Un climat de confiance s’est installé.

Ce matin, nous sommes allés au zoo (qui est en pleine forêt). Ce que j’aime dans celui-ci, c’est que rien n’est aménagé pour le touriste, mais uniquement pour l’animal. A savoir que s’il veut rester planqué, il a plusieurs moyens pour cela : herbes hautes, habitats, souches d’arbres, bosquets, rangées d’arbres épais le long de la barrière avec seulement un endroit pour le regard des gens. D’une certaine manière, il est frustrant de se déplacer et de ne voir aucun animal je vous l’accorde. Mais je suis du côté de l’animal, pas de celui du voyeur qui pointe son doigt vers le piégé.

Mon fils, bien que passionné par les animaux, a découvert une plus grande passion encore : s’enfoncer dans la forêt, à quatre pattes sous des buissons, loin des yeux de papa-maman. Il y a un chemin bétonné ? Pourquoi faire ? Quel bonheur de le voir prendre autant de plaisir à être loin de nous, assis avec un bâton dans sa main et faire des trous avec dans la terre.. Nous avons passé une journée de découverte (faire une roulade sur un rocher ça fait mal et c’est pas stable), de tranquillité, d’apaisement.

Parallèlement, j’ai assisté ce matin à une scène navrante ; un petit garçon avait décidé de ne pas marcher sur le béton (justement) mais trois pas à côté, sur une sorte de terre battue avant de devenir plus franchement la terre de la forêt. Le père puis la mère ont hurlé sur l’enfant, plusieurs fois, menacés de poussette et de fessée. Marcher en dehors du sentier, ça ne se fait pas..

Tiens donc..

Je compte bien, au contraire, apprendre à mon enfant à faire les choses comme il l’entend, comme il le sent, et non comme « il faut ». Je suis contre toute espèce de formatage qui ne respecte pas l’individu. Il ne rentrera pas dans un moule sauf s’il le désire, je ne l’empêcherai pas de penser à l’envers, et s’il veut marcher à travers des buissons au lieu du béton je ne vois pas où est le problème.

Nous lui apprenons la confiance en lui, notre confiance en lui, l’indépendance, le respect de l’autre, de respect de lui-même, faire attention à ce qu’il ressent (il a 22 mois, il sait nous dire quand il a froid dehors).

C’est bien beau tout ça.

On applique nos principes, notre enfant est heureux visiblement, et il y a des nuages à l’horizon. Eh oui..

Et l’école dans tout ça.. ?

On a l’impression de cultiver une liberté de pensée que notre enfant possède de toute façon, et qu’un beau jour, on va le lâcher. Avec un « débrouille-toi maintenant avec tes instits et le moule qu’ils te donneront chaque année différent ».

Si tu ne rentres pas dans le cadre, ça ne passe pas.

J’ai peur qu’à force de le rendre libre, il se casse les dents.

Nous avons envisagé Montessori, mais nous ne pouvons débourser 2500 euros chaque année.

Je songe de plus en plus à l’école à la maison, avec peut-être sa cousine. Entre les activités et le centre aéré, il ne manquerait pas de sociabilité..

La réflexion est intense, lourdes de conséquences dans les deux cas.

Rien d’irrattrapable dans un sens comme dans l’autre, si on gère avec intelligence.

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