Je réfléchis. Sans cesse. C’est une danse entre moi-même, mon passé, l’avenir, mon fils, mon couple, notre famille, des livres.

Je savais ma colère prompte, mais quand mon fils est né j’ai appris la violence qui était en moi, cette presque haine qui s’exprimait malgré moi. Cela fera bientôt deux ans maintenant que chaque jour, j’apprends à me dompter. Pour que mon fils n’ai pas peur de moi comme j’ai eu peur de ma mère.

Je progresse. Désormais seule mon impatience et de la colère sont à apaiser, il n’y a plus de violence. Je suis heureuse et fière de ce premier bout de chemin parcouru, il est terrifiant de se voir prête à tout balancer par la fenêtre, enfant compris. Ne plus avoir cette bête hideuse à retenir est une avancée merveilleuse que je ne suis pas sûre de pouvoir vous transmettre par des mots.

Je suis fière certes, mais cela ne me suffit pas. Je continue donc à poser mes pieds sur les pierres à côté du chemin tracé. J’apprends à être zen, je vais essayer de me remettre au yoga. Je lis des livres (lentement argh) sur la communication non-violente, l’éducation en douceur, saine. Jamais je ne me serais crue un jour capable d’envisager de faire l’école à la maison, moi qui n’ai jamais eu confiance en moi. Je ne pensais pas non plus être décalée à ce point là et l’assumer. J’ai l’impression que tout ce que je vis ces temps-ci me conforte dans ce choix.

Les enfants que je garde sont très différents l’un de l’autre. Elle est en CE2, la meilleure de sa classe avec une moyenne de 19,75. Elle passe pour très intelligente, je soupçonne pour ma part que seule sa mémoire fonctionne, trop de choses évidentes qu’elle ne comprend pas. Elle est sur-adaptée à l’école et aux attentes de son instit, quand elle a 18/20 elle pique une crise de nerfs qui dure la journée : c’est un échec. Comme tout le monde s’extasie sur ses notes, personne ne prend en compte sa souffrance et son inadaptation évidente pourtant.

Lui est en CM2, il en est à son 8èm remplaçant différent depuis le début de l’année. Il n’est pas du tout préparé à son entrée en 6èm, c’est inquiétant. Et quand le remplaçant, par miracle, est présent, ils font de la lecture.

J’entends de tout côté, les enfants un peu vifs qui se font mettre au coin alors qu’ils auraient besoin d’extérioriser un trop plein d’énergie, et les enseignants qui se plaignent ; le serpent qui se mort la queue. J’ai vu un enfant turbulent en classe (école juste à côté de chez moi dont nous dépendons), maltraité par son père à la maison et ce devant la directrice de l’école, se faire renvoyer de la primaire du jour au lendemain, sans même que le père soit au courant. Pardon, on dit « transférer », parce que même à l’école, les mots font peur. Je n’ose imaginer ce que fut cet abandon pour l’enfant, son retour à la maison le soir. Peut-on baisser les bras parce qu’un enfant ne rentre pas dans les mêmes cases que les autres ? Je suis d’autant moins objective je le sais, que je l’ai vécu (pas le renvoi, mais l’abandon des profs face à ma mère). Et tout cela parce que bien que ce soit une école de quartier, elle se veut pour l’élite. Les parents sont riches, on est en plein centre-ville, tout s’explique mais tout m’énerve..

On ne demande pas à un enfant qu’il soit intéressé par son travail, à la limite on ne lui demande même pas de comprendre. Tout ce qu’on veut, c’est qu’il obéisse et fasse comme tous les autres, que ses résultats soient bons voire excellents. Peu importe qu’il ai compris du moment qu’il a 20. Et vraiment, quand je vois la gamine que j’ai en garde, j’en vois toutes les limites.

J’ai pu constater, à travers des statistiques faites sur le long terme, que les enfants qui font l’école à la maison n’ont aucun problème d’adaptation ni de sociabilisation, et comme c’est mon inquiétude première.. je n’ai pas rencontré vraiment de points négatifs. Hormis les finances.. ! Ca va demander sacrifice et organisation.

En réflexion donc.

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4 Comments:

  1. dieudeschats

    Il y a pas mal d’écoles alternatives qui se créent dans les habitats groupés… à voir ?

  2. Etant une jeune qui va bientôt avec son bac en poche, je sais que personnellement, je n’aurais pas aimé être à la maison. Car l’école dès fois c’est dur, les enseignants peuvent être nuls mais ce
    n’est pas à généraliser et c’est aussi là-bas qu’on apprend la vie, qu’on se fait des amis.

    Après chaque cas est différent. A réfléchir donc ! 😉

    Et encore merci pour tes corrections sur mon histoire. =)

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