Mise en pratique

Je me replie.

Je lis un tas de livres. A une allure de tortue, parce que j’ai beaucoup de choses à faire. Comme tenir la maison propre et rangée, m’occuper de mon fils qui voudrait que je joue toute la journée avec lui, faire l’école deux jours dans la semaine et courir les deux autres jours pour l’amener chez sa marraine, m’occuper de mes deux monstres qui ont un emploi du temps digne d’un futur ulcéreux, courir chez la dentiste elle-même toujours en retard de 20 minutes (alors que je suis sa première patiente) pour me faire un couronne depuis 3 mois (lente la dame ?), faire les courses, organiser les vacances.

Au milieu de tout ça, est tombé l’annonce de la perte du travail de mon mari, à cause d’une demoiselle référente qui trouve qu’il ne crie pas assez sur les enfants. Sachez-le parents, un animateur à l’école doit hurler et punir à tour de bras, sinon il perd son travail. La femme en question n’est même pas capable de le lui dire en face, et lui fait toujours croire qu’il est repris à la rentrée. Lâche.

J’ai décidé de tout stopper.
Ça s’est fait doucement.
D’abord l’école. On va reprendre tranquillement, deux fois par semaine au lieu de quatre.
Ma cuisine déborde de vaisselle, la maison aurait besoin d’être lavée et balayée. Demain il fera jour.
J’ai du courrier en retard, toujours.
Je rêve d’une maison en pleine forêt, un cours d’eau pas loin, une cascade. Me recentrer. J’imagine la verdure.

Je prends une phrase lu dans un livre au pied de la lettre.
Prendre son temps.

Je suis de plus en plus heurtée par l’extérieur, par des phrases entendues, je me replie.

Plein d’exemples !

Le petit garçon (11 ans) que je garde, s’est rendu compte le matin d’un examen de maths, qu’il ne comprenait pas les hectares, au grand désespoir de la maman. Arrivé devant sa feuille, il a perdu un temps fou, le temps de comprendre. Il a fini par comprendre, mais n’a pas pu tout finir par contre.

garçon fier _ c’est bien tout de même, j’ai compris c’est bon.

maman très énervée _ oui mais tu vas avoir une mauvaise note parce que tu n’as pas travaillé avant.

On en revient à ce que je disais, il n’y a pas si longtemps. Comprendre, tout le monde s’en fiche, l’important se sont les notes. Autant dire à un enfant de tricher, puisque l’important c’est le résultat final.

Autre exemple, l’instit de ce même enfant ne leur fait que maths et français. Ca tombe bien, elle est tout le temps absente, les remplaçants leur ont fait de l’histoire. Mais quasi pas de géographie, ils aimaient pas ça. Et il va rentrer en 6em .. tout va bien.

Allez, un dernier exemple pour la route :

toujours l’instit en question. Elle fait leurs examens avec une montre. Le premier qui termine est sur le podium, tant pis s’il y a des fautes l’important c’est de finir vite. A partir du quatrième, au tableau, les noms sont marqués à côté « d’escargot ».

Le monde est fou.
Je me replie. En moi.
Je cherche.

Je prends mon temps.

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4 commentaires sur “4”

  1. Christophe André (un psychiatre que j’aime) dit qu’une multitude d’études ont montré que le cerveau humain n’est pas fait pour supporter l’inachevé. Et qu’aujourd’hui nos vie ne sont qu’une masse
    de tâches urgentes que nous sommes forcés d’interrompre pour s’attaquer, en plein stress, à la suivante, puis une troisième, puis… Ca plus la culture du résultat dont tu parles, pas étonnant
    qu’on soit tous névrosés.

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