·Je m’étiole. Je me meurs, l’argent au bord de la plume. Il part d’un côté, rentre de l’autre ; je ne voudrais que du silence. Je ne m’écoute pas, je vais à mon encontre, je m’étonne de ne plus
pouvoir marcher sans souffrir. Ne suis-je donc rien d’autre..?

·Je réfléchis. C’est comme une impatience, les larmes au bord de la plume. J’ai une sensation d’eau, de transparence, de fragilité. Chaque fois que je parle, que j’écoute, mes émotions débordent.
Je pourrais pleurer à chaque battement de cil.

·Je rephotographie. Dès ce soir. C’est un arc-en-ciel, l’iris au bord de la plume. Je voudrais photographier le monde, voyager, voler. J’ai un tel besoin de changement que je pourrais en manger
mes doigts. Je suis retombée dans le mouvement. Je songe à apprendre la technique, à la fac ; je doute de la possibilité temporelle. Mais si je ne fais rien.. je ne sais pas faire grand chose
d’autre, et la photo, je m’en sors pas si mal..

·J’écris. Tout doucement. En frémissant, la peur au bord de la plume. J’ai besoin de solitude et j’en ai si peu que je n’avance pas. C’est comme une impuissance devant les yeux bleus de mon fils.
Mais je m’y mets, doucement. Dix lignes. Le début d’une vie. De Plume.

 

2 Comments:

  1. C’est vraiment beau ! J’aime les répétitions de « au bord de la plume », cela donne un rythme au texte, un peu comme pour rappeler le temps qui passe. C’est en tout cas très bien écrit selon moi !

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