L’état second va finir par devenir ma vie, le regard vidé de ces étincelles d’intelligence qui font dire aux gens qu’il y a un être pensant derrière. Je n’ai pas de vie, je ne m’accroche à rien, tout se suspend et j’essaye, j’essaye d’écouter le babillage incessant de mon fils.

Parce que je veux garder un pied non dans le réel mais bien dans l’imaginaire, je lis désespérément en faisant tenir mon livre comme je peux avec autre chose que mes mains.

Je me tiens au chaud, une tasse de thé entre mes doigts quand je le peux et une bouillotte sous mes pieds.

Je ne peux rien pour ma colonne vertébrale.

Je réfléchis intensément à ce que je pourrais offrir au diable s’il me le proposait, en échange de cette souffrance acceptable que j’avais encore jusqu’à il y a trois mois. Je ne savais pas, ne voulais pas penser qu’un jour je retomberai dans cette souffrance qui m’a conduite aux béquilles, puis au fauteuil.

Saurai-je encore comment je m’appelle, quand la douleur repartie et le brouillard levé, je regarderai mon visage blafard dans le miroir de ma salle de bain ?

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