Laisser pleurer.. quitte à être jugés

Suite à des commentaires fort intéressants d’un article (sur la violence) qui l’était tout autant, je me suis lancée sur un sujet qui me tient à cœur et que je vais reprendre en ces lieux :
laisser l’enfant pleurer toute sa frustration, son stress, sa colère, son désespoir, sa détresse. Des heures. Jusqu’à ce qu’il ai tout évacué. L’accompagner jusqu’au bout, ne jamais le laisser
seul..

 

On m’a déjà répondu « l’enfant a un moment, ne sait plus s’arrêter et s’auto-entretient, alors je coupe tout« . C’est à la fois vrai et.. faux. Effectivement il arrive que
l’enfant se remette à pleurer quand on croyait en voir le bout, qu’il se force et reparte pour une heure de crise.. mais c’est qu’il avait encore en lui, des choses à sortir. Il y a quelques
semaines mon fils (première crise depuis bien un an), a qui je disais « ne te force pas tu t’étais arrêté ! » m’a répondu entre deux larmes « mais j’ai besoin maman ».. Alors je suis repartie pour
une demi-heure d’accompagnement..

 

Et c’est.. terrible. Il est rare que je ne finisse pas moi-même en crise de larmes, tellement il m’est difficile de voir mon fils pleurer, hurler, donner des coups de pieds (qui sont des spasmes
incontrôlables de sa part). Il m’est très dur de recevoir ses coups qu’il me faut éviter pour ne pas hurler moi-même (maladie de m****), très dur d’arriver parfois à le maintenir pour qu’il ne se
cogne pas, très dur de ne pas arriver à le calmer, très dur de me sentir si impuissante face à sa détresse évidente.

 

La plus grosse crise que nous ayons eu à gérer a duré 4 heures, et c’était l’une des premières. Le plus dur étant qu’on avait la sensation d’être de très mauvais parents, à laisser pleurer ainsi
et à ne pas arriver à calmer notre propre enfant.. Et puis je ne sais plus qui en a parlé en premier, mais cela nous fit du bien de parler de cela avec des amis, LN et Feul, nous parlant d’un
livre qu’ils avaient lu sur ce sujet.. on s’est senti bien moins seuls et pas sur un mauvais chemin. Honnêtement, les résultats observés nous ont rassurés également..

 

On oublie trop souvent que les petits bouts n’ont pas le langage, ne savent pas encore parler ou pas suffisament, qu’ils n’ont pas grand chose à leur portée pour exprimer tout ce qui leur pèse.
Et ne vous leurrez pas, être un enfant, c’est très dur.

Je ne dis pas que c’est la solution.. juste que c’en est une et qu’elle nous a convenu. Nous n’avons en tout cas, rien trouvé d’autre.

 

Et puis ensuite.. quand tout est fini.. qu’on a bien parlé avec le petit bout.. on ramasse les morceaux éparpillés des parents épuisés et stressés. Nous sommes, je dois l’avouer, très heureux
d’avoir dépassés cette phase et qu’il parle tel un moulin.. et pas pressés du tout, de repartir pour un tour avec la future crevette ^^

 


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