Je me sens complètement désarmée face aux sujets lancés depuis quelques semaines et dans lesquels je me retrouve malgré moi impliquée, avec diverses personnes. C’est.. étrange.
Je ne sais comment S. revient dans tous les sujets ; la folie de ma mère (et S. plus là pour en témoigner), mon ex-belle-mère si caricaturale, la maladie, l’ingérence, sa mort, notre couple, l’incinération, l’autre cérémonie, le déménagement, le vol de mes affaires, le vol de ces derniers cadeaux.
J’ai tu jusqu’à présent son absence, le choc, la violence, les engueulades, la souffrance, l’incompréhension, le silence, les émotions, nos larmes, notre amour. Ce n’était pas le sujet.

J’ai fait en sorte, toujours, de pouvoir parler de lui si la situation se présentait, de ne jamais faire un tabou de ce qu’il s’était passé.

Aujourd’hui j’ai laissé la conversation glisser, sans moi. Jamais je n’avais envisagé la souffrance, dans sa mort. J’avais pensé à son sentiment de solitude, d’incompréhension ou de compréhension peut-être, une angoisse possible, un bien-être tout autant envisageable.
S’enfoncer dans le coma, se sentir partir.. je me suis souvent posé la question : a-t-il compris qu’il fermait les yeux et ne les rouvrirait pas ? A-t-il eu le temps de penser à moi ? A-t-il repensé à toutes ses autres fois où j’étais présente pour lui sauver la vie ? A mon absence présente ?

Oui aujourd’hui, j’ai laissé la conversation glisser.
J’ai écouté.
J’ai eu mal.
J’ai mis de côté. Pour ne pas glisser avec.

J’aurais aimé dire que je ne voulais pas. En parler, écouter, qu’il ai eu mal.. J’aurais aimé dire ce que cet homme m’a apporté, le bon comme le mauvais. J’aurais aimé.. dire.
Il y a encore des choses qui me font taire.. je ne m’y attendais pas.
Le silence parfois est tout autant précieux, mais ce besoin de mettre à plat est resté.
 

Leave a Reply:

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *