C’est si compliqué, parfois, d’expliquer les choses.. Si compliqué de dire à un petit bout de 3 ans que sa grand-mère est folle, dangereuse, violente et que non, juste la voir et ne rien lui dire, juste la voir et repartir, ça ne marchera pas comme ça..

On lui a dit tout ce qu’on pouvait avec des mots accessibles, mais comment faire passer le message sans l’angoisser quand il n’y a pas si longtemps en arrière, il avait peur chaque soir, que ma mère ne vienne et le frappe ?
Je ne peux lui dire que ma mère est sadique, qu’elle aime faire mal. Que le noël qui m’a le plus marqué, c’est d’avoir déballé dans un beau papier cadeau, un martinet dont elle a usé et abusé sur moi pendant des années. Qu’elle a fait un enregistrement audio à mes 2 ans et demi, qu’elle m’a repassé ensuite durant des années, où elle m’assurait que non, elle ne m’aimait pas. Qu’elle a planté des couteaux au milieu de mes livres. Qu’elle est persuadée que j’ai monté mon chat contre elle, que je lui ai dit des choses pour qu’elle la griffe et lui crache après. Qu’à deux ans, elle m’a fait traverser la pièce et atterrir contre un mur parce que je refusais de ranger ma chambre. Qu’elle a décidé que lorsque j’aurai des enfants, elle me les prendrait. Que la famille ferme les yeux.

La liste est d’une longueur interminable, mais tout ce que je peux essayer de dire, c’est qu’elle est dangereuse, que je dois me protéger, et que nous voulons le protéger aussi. Que nous pouvons en parler autant qu’il a besoin, lui montrer des photos, que lorsqu’il sera plus grand il aura ce véritable choix de la rencontrer ou non.
Mais là ce soir, il m’a prise au dépourvu et l’angoisse qui est montée m’a laissée sans mots.
Heureusement qu’il y a mon mari..
Pour l’heure, j’aurais surtout besoin de me mettre en boule dans un coin et pleurer.

4 Comments:

  1. et bien… pleure.
    C’est une façon de se vider. Et tu en as besoin. UNe grossesse, c’est aussi la remontée de tout ce qui fait notre personne, de tout ce qui a fait notre enfance, et les angoisses liées à celle-ci, et à ce qu’on va vivre avec bébé.
    Que tout ce passe bien avec le gnome n’empêche pas les hormones et le cerveau de recommencer comme si tu n’avais jamais eu de bébé avant celui en train de grandir en toi.
    Alors il faut lâcher prise. Pleurer. C’est aussi une façon de laisser la fatigue se déverser.

  2. Ça pour pleurer.. :/
    Mais je le sais que tu as raison.. cela reste bien perturbant, de pleurer autant. Parfois je n’ai pas d’autres explications à donner à mon fils que « je suis enceinte, plus fragile émotionnellement, et là j’ai besoin de pleurer même s’il n’y a pas vraiment de raison ».
    Perturbant, c’est le mot :p

  3. pour ma louloute, j’en étais restée à « je suis très très fatiguée, et parfois quand on est très fatiguée, on pleure aussi ». Bon, ça restait un peu de culpabilisation pour elle, parce qu’elle refusait de dormir la nuit à cette époque-là, m’enfin !

  4. Oui, je lui ai parfois répondu cela aussi.. tout dépend de ce que je ressens au final. Mais j’essaye effectivement de lui expliquer qu’il n’est pas en cause, ils vont vite à tout prendre sur leurs épaules :/

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