Cette après-midi nous avons discuté avec Blanche, de l’éducation respective que nous donnons à nos enfants. Extrêmement similaire, nous avons tout de même des disparités qui tiennent plus de l’ordre de la communication qu’autre chose, avec nos enfants. Quand elle est partie, LeChat et moi avons continué cette discussion sur les petits cousins, car nous n’étions pas véritablement d’accord sur certaines choses ; on s’est ajustés sur le dialogue, je pense que cela a fait du bien de rétablir quelques points.
Je ne sais si c’est une question de synchronicité, ou de regard plus exacerbé par le sujet puisque je suis en plein dedans, mais l’après-midi entière fut un choc émotionnel à gérer.

Arrivés à la piscine nous avions fait le tour de la question, ce qui tombait vraiment très bien au vue de la suite.. Nous nous sommes pris de plein fouet les cris d’une maman. Un petit garçon d’environ 2 ans, partait sous les paniers en plastique, accrochés un peu en hauteur, avec très certainement un léger risque que ceux-ci tombent (ce qui n’eut pas été un problème en soi). La maman s’est précipitée, l’enfant s’est protégé le visage. Cela m’a tellement choquée que je suis restée clouée, et que le seul geste que j’ai eu moi, fut de mettre la main sur mon ventre bien rond.. Elle n’est pas allée au bout de son geste, lui disant « tu as de la chance qu’on ne soit pas à la maison ». Prince nous a demandé pourquoi le petit pleurait, et nous lui avons expliqué.

Nous sommes restés une heure, LeChat et Prince dans l’eau, moi assise ne pouvant en profiter, bien triste.. l’eau trop fraîche (même le bain à bulles.. mon corps des fois..) a tétanisé mes muscles et enraillé mes articulations, la souffrance est devenue grandement intolérable d’ailleurs sur le retour.. Toujours est-il que j’ai eu le temps d’observer autour de moi, et que bien des choses m’ont choquées. Comme cette maman obligeant son enfant hurlant, à aller dans l’eau.. puis le laissant sortir seul au bout de plus de 5 minutes de calvaire, sans l’accompagner dans sa détresse. Je me suis sentie.. profondément triste.

Nous avons du écourter, à cause de mon état physique, et nous sommes partis nous rhabiller dans les vestiaires. Et là, une maman s’énervait sur sa fille, dans les 5 ans je dirais.
_ Tu n’as vraiment pas été sage à la piscine. Ce soir, tu seras privée de ton train et de *** et aussi de *** (je n’ai pas entendu les choses en questions).
La petite, visiblement, a eu la même réflexion que moi, à savoir qu’il n’y avait aucun rapport entre le délit et la punition. Car c’est d’une voix fort guillerette qu’elle a enchainé en posant une question complètement hors sujet :
_ C’est vrai qu’à la mer, blablabla.. ?
_ Je ne parle pas aux vilaines petites filles. Fut la réponse maternelle.
Cette fois, la gamine n’a plus parlé, le silence est retombé de part et d’autre.
Je n’ai pas attendu de savoir s’il y avait une suite, nous sommes partis aussi vite que mon état me le permettait. J’en aurais pleuré.

La réflexion que je me suis faite, c’est que les ajustements que nous avons à faire nous paraissent des montagnes, mais sont finalement relativement infimes si l’on prend le temps de mettre du recul sur tout cela. Que ce soit dans l’éducation que nous donnons, ou nos ressentis sur les deux petits cousins, nous pouvons relativiser. Ajuster certes, en parler bien sûr, mais relativiser.

On demande aux enfants de ne pas crier sur les adultes mais on leur crie dessus, de ne pas taper les autres enfants mais ils reçoivent gifles et fessées.
On a demandé aux instits et aux profs de ne pas taper sur nos enfants. C’est devenu une évidence, pourtant même si une loi est en passe d’être votée contre la punition corporelle des parents ceux-ci n’ont pas encore vus l’ambivalence du geste interdit à l’école et permis à la maison.
J’ai été choquée par F., la maitresse de maternelle, qui hurlait dès le premier jour et toutes les 2 minutes, sur les enfants qu’elle avait à charge. J’ai retiré Prince de là, au bout de 3h d’école. Pourtant régulièrement, je crie sur mon fils (certes, on me répondra que c’était choquant, qu’elle dépassait les limites, qu’elle terrorisait les enfants et qu’elle était proche de la violence physique etc.). Mais j’ai conscience de l’ambivalence, j’ai du mal parfois à appliquer mes résolutions et valeurs. Je ne lui crie pas dessus toute la journée c’est certain, cela m’arrive quand je suis épuisée, excédée, qu’il a décidé de ne pas écouter et de couper le champs de communication. Mais pour autant, j’ai encore du travail c’est certain..

Ce qui m’a fait sourire, en sortant de la piscine et qui m’a fait dire que nous pouvions relativiser et nous rassurer ? Quand Prince est parti jouer, tiens donc, dans les paniers en plastique. Et que notre demande, voyant cela, fut qu’ensuite il range ce qu’il enlevait quand on serait prêt à partir. Son geste n’était pas anodin, notre réaction non plus.. Il a au final rangé ce qu’il avait défait.. ainsi qu’un autre, il y a tenu fortement, à l’opposé de là où nous étions.
Notre petit garçon a un fort caractère, il veut son indépendance et est régulièrement un électron libre. C’est plus difficile souvent, que si nous avions adopté le choix de le mettre au coin ou de le gifler/fesser. Comme a souvent dit ma mère « au moins, tu filais droit »..
Mais chaque jour, chaque heure, nous savons pourquoi nous dépassons cela. Prince est une joie de chaque instant. Même quand il nous contre 😉

2 Comments:

  1. Ca n’a pas l’air simple de faire de son mieux pour éduquer un enfant. Ca me choque aussi ces histoires que tu racontes, ce que tu as entendu à la piscine… On en entend des comme ça tous les jours malheureusement. Ce soir dans le train, une maman a demandé à son ado de la débarrasser de la petite dernière (environ 2 ans) sinon elle allait la tuer… tout ça parce que la petite s’amusait à sortir des affaires du sac de sa mère. Mais la mère ne la regardait même pas, alors la petite cherchait à croiser le regard des personnes qui assistaient à la scène… je lui ai souris, plaignant cette petite de ne pas recevoir d’amour, et sa grande soeur (13-14 ans) de devoir endosser le rôle de maman…

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