La douleur, c’est un monde en soi d’une grande violence. Plus rien n’est sûr, le moindre geste est source d’inquiétude. Pas seulement parce que je voudrais ne pas bouger, mais parce que j’ai peur, si peur, de ce corps qui me lâche.
Je pourrais tomber, quand mon genou hurle soudain et que je ne peux plus le poser. Je dois donc, avant de prendre Hibou, m’assurer que mes genoux supporteront mon poids. Et quand j’ai cette assurance, il reste 10% de marge de risque que je ne peux anticiper. Flippant.

Mes mains ont le même problème, mais je peux davantage assurer son petit corps contre moi : parfois je le cale avec mes bras, en plus de la main qui sécurise. Et ces douleurs là, aussi violentes soient-elles, peuvent être de la même intensité que les genoux, que pour autant j’arrive à garder contre moi mon petit bout. Jusqu’à présent pourrais-je ajouter, mais j’ai davantage confiance dans mes mains que dans mes jambes : d’expérience, ce sont elles qui m’ont toujours lâchées, empêchées d’avancer, empêchées de bouger, ou fait tomber.

Je suis ce soir, épuisée. Douloureusement épuisée. C’est un calvaire intenable, et pourtant chaque minute continue de passer, j’allaite Hibou avec sur ses lèvres toute la crème que je passe pour supporter ses si belles succions, je m’allonge pour le nourrir (pour ne pas porter son poids avec mes bras) puis je galère pour me relever..
Le temps passe et je me dis que bientôt, forcément, une accalmie surviendra.

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