Il suffit d'un mot

Je fabrique mes meubles en cartons

Titre : Françoise Manceau-Guilhermond

 


 

Je me souviens encore de ce déménagement.
J’avais passé 3 semaines à faire les cartons, seule. Il avait débuté un nouveau travail, à près de 1000 kms de moi, et j’avais tout fait, seule. Remplir les cartons, les déplacer, les poser les uns sur les autres, démonter les meubles.
Et puis il était venu avec le camion, 12h de route. Dormi 4h.
Nous avions à nous deux, seulement, empli le camion. Un poids lourd, un qu’on monte dans une cabine en hauteur. Nous avions porté le frigo, le canapé. Tué mes genoux. Et puis 15h de route.
Ce déménagement, toujours, me restera sur les articulations.
Tant de solitude dévore de loin..

J’ai fait le suivant, sans lui. Il allait être muté, nous avions prévu le déménagement. Mais je l’ai fait sans lui. J’ai jeté tant et tant de ses affaires, sa mère en a tant récupéré.. et pourtant il y en avait encore trop à retraverser la France dans l’autre sens. J’en ai laissé une partie derrière moi, aux bons soins d’un ami qui m’a volé ses derniers cadeaux, mes souvenirs de lui. L’ami n’avance plus, il roule en fauteuil.. je me demande parfois, ce qu’il traine derrière lui, de ses fardeaux..

Ce déménagement-ci, est épuisant, comme tout déménagement. Cartons après cartons, j’ai l’impression de ne pas avancer ; il en reste toujours, encore, et encore, et encore.. pourtant forcément, nous allons en voir le bout je le sais bien.
Et l’on pourrait croire qu’avoir deux enfants au milieu dont un en bas-âge, est une horreur, une difficulté supplémentaire. Je ne dirais pas le contraire, mais n’irais pas non plus dire que c’est le plus dur que nous avons là.
Lutine occupe son cousin pendant des heures et Prince traverse cette épreuve avec grand sourire. Il s’inquiète, un peu. Juste un peu. Et les murs, on les emporte ? On lui a fait mettre de côté les jouets qu’il voulait jusqu’au bout, et on a mis les autres en cartons. Il a eu une grosse frayeur sur son perroquet Blue, disparu dans les strates de jouets qu’il voulait conserver, et quand il l’a retrouvé, il l’a regardé sous toutes les coutures, vérifiant qu’il avait toutes ses plumes, avant d’être enfin rassuré.

Hibou s’est beaucoup fait bercer par sa tante, Blanche venant chaque jour durant des heures, nous relayer auprès de lui pour que nous fassions nos cartons sans être trop interrompus. Quand elle n’était pas là, nous l’avons bien senti ^^

C’est donc au milieu de pas mal de rires que nous avons empaqueté nos affaires. De fatigue aussi. Nous arrivons au bout de nos capacités, et nous en découvrons pourtant encore, au fond de nos pieds qui cavalent d’une pièce à l’autre pour chercher le scotch.

23h30. Arrêt pour ce soir.
Demain est un autre carton.

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3 Comments:

  1. ddc

    Courage ! Et une fois que tu les auras vidés, tu pourras vraiment fabriquer des meubles avec 😉

  2. Les déménagements avec enfant, j’ai fait, pffffiou…
    Bon courage donc !!!
    Et oui, garde les cartons, c’est une super technique très à la mode de faire de jolis petits meubles avec. Crois-moi, j’ai une copine qui le fait, c’est très sympa !

    1. A plusieurs reprises ils ont bien failli se prendre un carton en pleine tête (parce que confiner deux enfants dans une pièce, ah ah j’en ris encore), mais l’emménagement par contre fut plus simple, ils avaient deux chambres en haut à explorer ^^

      Pour les cartons, les 3/4 sont explosés pour avoir fait je ne sais combien de déménagements avant nous, je ne pourrai rien en faire. Mais je vais me pencher sur la question oui 🙂

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