Il suffit d'un mot

Donne moi quelque chose qui ne meure pas

Titre : Christian Bobin

Et à part cela, me direz-vous ?

La maison continue de fuir. L’eau s’écoule et mes mains doivent serrer le robinet, celui que le faux plombier à la retraite a refusé de réparer, parce qu’il ne coule ma p’tite dame. Je tremble en songeant à la facture qui ne manquera pas de nous tomber dessus.
La porte d’entrée continue de laisser passer la pluie, parce que c’est pas possible que ça fuit par là ma p’tite dame.
L‘agente immobilier continue son silence, dès fois que les problèmes se résoudraient d’eux-même.

Mes mains douloureuses serrent tissu et aiguille, pour rien : troisième fois que je dois tout reprendre parce que le patron est faux. Le mot peur devient bien faible pour exprimer ce que je ressens, là, tout au fond. Cette robe me coutera bien 18 cheveux blancs supplémentaires.

La banque refuse le prêt immo, surprise. Parce qu’on devrait avoir 1400 euros pour vivre à 4 personnes (chiffres statistiques de la banque), après avoir payé prêt et/ou loyer. Et qu’il ne reste en réalité que 600 euros pour 4, sans même avoir payé les factures classiques, ne parlons pas de l’alimentaire. Ça leur fait peur. Comprends pas. Après tout, j’arrive à rembourser 2 prêts là avec juste ça. Et ils le savent même pas. Ils auraient sûrement une attaque. En tout cas moi, je suis proche de la mienne.

On ne trouve pas de maison. De plain-pied et isolée des humains du froid, deux données qui se court-circuitent. Si on y rajoute un brin de terrain, c’est la trouvaille impossible. On doit trouver avant l’hiver, et j’ai la sensation qu’ici l’hiver, il débute en septembre. A moins de prendre la décision de rester en ces lieux polaires. J’en ai ma claque des déménagements.

Nous avons enfin un sommier. Et même un lit. Merci Ebay qui m’a fait diviser le prix par trois. Plus tard, plus tard.. il nous faudra un matelas. Plus d’urgence.

Prince a changé de chambre. Parce que je n’en pouvais plus qu’il refuse d’y aller sous prétexte d’araignées hypothétiques (et d’une solitude certaine), nous avons mis le salon dans le couloir, le bureau dans le salon, et sa chambre dans le bureau. Oui, il est temps de déménager. Que je le veuille ou non.
A l’étage, il reste sa pagaille jouesque et ma couture.

Je n’arrive plus à prendre de décision. Je suis engluée, renardeau pris dans les phares d’une voiture. Rester, partir, payer 1500 euros des déménageurs, demander à des amis cet été, retourner dans le sud, rester ici, louer cher.. je ne sais plus rien.

Je ne supporte plus de ne pas avoir d’argent. Je ne peux travailler.
Je cherche une corde.

 

4 Comments:

  1. allez, premier soleil de la saison… cela t’évitera la pluie sous la porte déjà !
    Pour le reste, je n’ai hélas ni conseils ni autres solutions dans l’urgence… sinon de prendre le temps pour la robe, et euh. Désolée.
    Cela me peine que ton petit paradis tout juste trouvé se retrouve être un p’tit enfer au quotidien. Courage ! (ce n’est pas une injonction, ce mot, juste un envoi d’ondes positives).

    1. C’est les orages que je crains, pour la porte ^^’ A un moment on en avait un tous les soirs/nuits ! Ça s’est calmé ça fait du bien 🙂

      Je prends le temps pour la robe en effet, je m’en félicite régulièrement d’ailleurs, car même si j’ai du recouper deux fois parce que je ne peux me fier au patron, je me suis évité bien des surprises.

      En fait mon petit paradis est un paradis. Je suis heureuse ici, je revis, j’ai des arbres partout.. c’est merveilleux 😀 L’inconvénient est que comme je ne peux ni porter mon tout petit ni le pousser, je suis coincée à la maison. Galère déjà.
      Et la maison a deux soucis énormes : des escaliers (que je pensais mieux gérer, ça y est c’est bon j’ai compris) et l’isolation (ou plutôt son absence. Du genre, pas isolée les garage/cave du reste de la maison, c’est énorme). Donc.. l’hiver nous fait très peur. Du coup, je flippe à mort au lieu de profiter sereinement de mon paradis parce qu’effectivement en hiver ça va être un enfer et qu’il faut qu’on le prévoit dès maintenant.
      Et là, on pense à repartir dans le sud, car on a une possibilité de faire construire 🙂 C’est à la fois.. génial et inquiétant (avantages et inconvénients), je n’aime pas la garrigue en prime :p Et j’avoue qu’abandonner ma montagne.. me fait de la peine.

  2. arrona

    je ne comprends pas : pas moyen d’avoir une maison ? le prêt au taux zéro ? ça aide pas ? ici j’en connais pas mal qui ont leur maison grace à ça …
    Et je ne devrais pas dire/écrire ça mais ta santé y’a pas moyen d’avoir une invalidité pour une indemnité si minime soit elle ?
    Ici une amie a obtenu des dons de l’assitante sociale pour motif médicale justement … Allez je te connais tu vas trouver … Moi je crois en vous … mais bon on est là einh quand même … loin mais près par la pensée promis.

  3. Non, d’après eux, pas assez de revenus pour garantir le prêt, même avec le taux zéro (qui ne serait que sur 18000 euros, d’après ma banquière. Maintenant, j’ai tendance à la juger incompétente, quelle que soit la question posée).
    Par contre comme je disais, on a une opportunité dans le sud de pouvoir faire construire, et sans la main-d’œuvre à payer (beau-papa maçon et sur place).
    A voir donc..

    La sécu ne reconnait pas la fibro. L’OMS la reconnait comme maladie depuis 1992, mais la France par contre.. Du coup, pas de rente, pas d’invalidité, rien. Certains y arrivent au bout d’une longue lutte/harcèlement sur plusieurs années, cela demande trop de temps et d’énergie, je n’ai ni l’un ni l’autre.

    Vous avez déjà fait beaucoup 🙂 On ne serait pas là sans vous !

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