Il suffit d'un mot

Je veux un chat et des parents normaux

Titre : Marion ACHARD

 

Je me sens chuter.
Je ne sais même pas sur quel ton le dire, avec quels mots, ni à qui.

J’apprends à rééduquer ma pensée. Point de « il faut que » (je sois plus calme etc), d’une violence qui m’assomme et m’encre davantage dans ce que je voulais éviter au départ, et sur les conseils de Blanche, je repars à zéro avec un « je veux que ». Cela peut paraitre bien anodin, pourtant j’ai durant ce we, réussi à m’apaiser chaque fois que j’ai corrigé ma phrase. Une réappropriation par le langage..

J’ai laissé ma belle-maman s’énerver seule sur les enfants, que cela ne devienne pas mon stress, notamment concernant le repas.

C’est avec consternation que je me suis confrontée aux angoisses de ma belle-maman, qui refusait d’entendre ma volonté de ne pas dépendre entièrement d’elle pour les prochaines années. Mon refus de leur solution fut violent.
L’appartement visité m’a rendue claustrophobe, angoissée.
Le gars m’a broyé la main et me parait fou. Son chien est un danger, futur piqué, prêt à nous sauter à la gorge.
La propriétaire ajoute des murs entre des pièces, une sorte de couloir sombre et inamical.
Il va dormir dans sa salle de bain. Ou se laver dans sa chambre. Je n’ai pas su démêler quelle phrase était pleine de cette justesse inadmissible.
Je refuse de vivre là.
Je suis terrifiée par l’avenir. Par la solitude impliquée par notre éloignement. Mais ça, je ne peux pas.

Prince est empli d’angoisses que je ne saisis pas. Je sais qu’il ne manque pas de sujets, mais j’ai beau actionner les leviers les uns après les autres pour tenter de trouver le bon, je me foire lamentablement. Alors il continue ses crises, sa détresse palpable. J’apprends à me calmer pour gérer tout ça, à coup de « je veux que ».

Les ficelles tiennent à nouveau.
Pour un temps.

6 Comments:

  1. A moins que tu ne le sentes souffrir vraiment beaucoup, pourquoi ne pas renoncer pour un temps aux leviers ?
    Je me suis fatiguée des mois à voir où était le souci de ma louloute, angoissée, parfois jusqu’à la méchanceté avec nous (projection ? rejet pour mieux grandir ? Va savoir !), et finalement, je n’ai rien trouvé.
    Pour qu’elle dorme mieux (et nous aussi) on a couplé ostéopathe et homéopathie, ce qui n’a rien guéri des maux, juste les conséquences sur le sommeil (ouf), mais je cherche encore, et à me voir chercher, peut-être se demande-t-elle aussi comment agir, réagir, ce qu’il faut faire pour faire bien aux yeux de sa maman…
    Depuis une semaine, j’accepte que je ne sais pas, et que je ne saurais peut-être jamais. Et elle est venue me raconter un cauchemar depuis. Signe qu’elle partage ? Ou que c’est trop lourd. Je ne sais pas non plus. Et je ne sais pas quoi penser de son cauchemar tellement il révèle des angoisses.
    Laissons-nous le temps, et eux souffleront 😉

    1. C’est exactement ce que j’ai fait.. tout en ayant en tête un « je vois bien que ça va pas » (oui bon.. on se refait pas.. ^^). Mais oui, il souffre : il fait des cauchemars régulièrement, il pique des crise de nerfs, s’arrache les cheveux, s’arrache la peau au sang (ça, c’est depuis quelques semaines, et ça s’est finalement arrêté là).
      On a eu l’apothéose hier.. maintenant je sais ce qui ne va pas. Il veut rester un tout petit.. ça fait ça dès fois, l’arrivée d’un petit frère ^^ J’ai juste mis 6 mois à comprendre le mal être, tout va bien.

  2. oulalah… oui !!!

    La louloute ici a commencé le premier jour en renversant tous les produits offerts en douce par une aide-soignante bien sympa car sortie le dimanche…
    les jours suivants, elle a fait pipi debout comme ça au milieu du salon, etc.
    Bref, c’était tellement visible et lisible, qu’on a compris assez vite. Et puis, bon, elle l’a formulé « quand est-ce qu’on le ramène à l’hôpital ? »…
    Mais là, forcément, tu peux toujours chercher, pauvre Prince ! Bon, sincèrement, pour la suite, je n’ai pas de conseil.
    Ici, fifille tente d’assommer le p’tit frère régulièrement. C’est bien de savoir ce qui ne va pas, mais si tu trouves comment gérer, suis preneuse de conseils 😉

  3. Effectivement c’était bien clair comme message ^^’ Nous ça n’a commencé que 1 mois après, quand on a emménagé ici : il a cumulé l’arrivée d’un petit frère, des cartons, un déménagement, une nouvelle maison.. les peurs sont arrivées les unes après les autres (pas dehors seul, pas en haut seul etc..), et la suite (arrachage peau/cheveux) est tout récent.
    Finalement ce qui a compliqué, c’est d’avoir déménagé. Je crois que sinon ça se serait passé autrement. Parce que par ex, tous les matins, Prince prend le temps de faire un câlin à son frère pendant 5 à 10 minutes.. il joue avec lui à plein de moments, il tente de le faire rire etc.. Comment veux-tu qu’avec un comportement comme ça je percute le souci ^^’ ?

    D’ailleurs, je pense que le problème ne vient pas forcément d’une jalousie vis à vis de Hibou, mais bien plutôt un désir d’être petit, de rester enfant.. Je lui tiens un discours en ce sens depuis 2/3 jours (qu’il n’a que 4 ans, qu’il est encore un petit même s’il est plus grand que Hibou, qu’il a le temps, que ce serait chouette qu’il vive l’instant présent..), et ça l’a beaucoup calmé. Il y a un net progrès, un net apaisement. Depuis, il a quitté les couches (sauf la nuit mais ça viendra de toute façon ^^).

    Nous verrons.. 🙂

  4. et bien pour les couches la nuit, suis preneuse de conseil également…
    Dans sa tête, elle voulait, enfin c’est ce qu’elle formulait, mais c’est le corps qui n’est pas prêt ou encore « petit ».
    On a essayé plusieurs fois cet été, rien à faire. Elle dort dans son lit mouillé, ou bien refuse d’aller aux toilettes le soir puis appelle à deux heures du mat’ mais trop tard.
    Dans quelle mesure elle ne veut pas faire plaisir en jouant à la grande quand elle verbalise qu’elle ne veut pas de couche ? Bon ben voilà, encore des questions au lieu de vivre les choses comme elles viennent ^^

    1. J’avoue que pour la nuit, on ne se prend pas trop la tête, on prend les progrès comme ils viennent : parfois la couche est propre au matin, où encore pour la première fois la nuit précédente il s’est levé tout seul pour aller aux toilettes (lui qui a si peur la nuit de cette maison qui craque de partout ^^). Je ne suis pas sûre que ce soit bien ancré, c’est arrivé une fois, un progrès parmi d’autres en somme 🙂
      La seule chose que je fais (et je fais gaffe que ce ne soit pas répétitif), de temps en temps je lui rappelle qu’il peut se lever ou se retenir selon, plutôt que faire pipi dans la couche. C’est tout.. De toute façon à un moment, ça passera ^^

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