Il suffit d'un mot

Prière de laisser ses armes à la réception

Titre : Daniel Fohr

J’ai toujours fait preuve d’une certaine imagination, et j’en connais les travers, mais il n’en demeure pas moins que les cimetières sont pleins de gens qui en ont manqué, sinon, ils auraient pris soin d’écrire leur épitaphe à l’avance, plutôt que de se laisser coller des « A mon époux regretté » ou  » ll est mort comme il a vécu », par un tiers pas toujours inspiré.

 

Nous avons une chouette association parents-enfants, qui fait un tas d’activités et qui accueille les enfants jusqu’à 6 ans. Prince pour l’instant adore y aller, et il noue tranquillement brutalement des relations avec les autres enfants et leurs parents.
_ Maman je crois que le petit garçon il a peur de moi.
_ Je te propose de ne pas te jeter sur lui, même pour exprimer ta joie. Tu en penses quoi ?
_ D’accord !

Et de repartir à l’assaut vers le petit garçon.

Je mets vraiment beaucoup d’espoir dans cet endroit, je le reconnais. Prince est en train de se sociabiliser vitesse grand V, et Hibou apprend à se séparer de nous tout en douceur, vagabonde à un bout de la pièce alors que nous sommes à l’autre, le tout sans un regard ou à peine. Ils grandissent, et je sais que ce lieu va les y aider, chacun différemment.

Par contre, en ce qui me concerne, je doute de nouer la moindre relation avec qui que ce soit. Je n’ai pas encore teint mes cheveux qu’on me regarde bizarrement, j’ai la sensation d’être retournée en arrière, quelque chose comme le collège ou la primaire.

Une petite fille vient me voir, tous ses yeux agrandis devant mon ouvrage. J’ai apporté ma couture, de la broderie pour être plus précise. Sa grand-mère se précipite, me l’enlève en disant « eh oui tu vois, elle fait du raccommodage« .
Humph.

Une nouvelle maman arrive, à qui l’on fait faire le tour des lieux. La salle où je suis, justement, est présentée comme la salle manuelle (dessin, pâte à modeler etc). Trait d’humour sur ma présence et ma couture.. ce à quoi la maman répond, blasée et méprisante, « encore faut-il être manuelle » et me plante là.
Alors je le sais bien, que derrière il y avait soit du regret soit de la tristesse, soit tout autre sentiment que je ne puis nommer n’étant pas dans sa tête. Mais tout de même.. pendant une heure et demi, j’ai essuyé beaucoup de regards. J’ai perturbé. Ici, visiblement, le maitre mot est « ennui » et « suivre son enfant à la trace ». Ben j’ai pas envie. Ni de m’ennuyer, ni de suivre mes enfants comme leur ombre.

Les rapports entre les enfants et les parents m’ont nouée..
_ N’embête pas la dame, elle a un autre enfant à s’occuper que toi, tu peux pas être là. Allez ! Elle veut pas de toi !
Violence gratuite, la dame en question lui faisait des sourires..

Je sens je sais que chaque sortie là-bas va me stresser, et pour autant apporter beaucoup à mes deux petits loups.. Mais je ne sais pas encore comment faire face à la violence d’éducation qui entoure chacun des enfants que j’y rencontre.

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4 Comments:

  1. arrona

    oui benh c’est comme pour tout ..du bon et du mauvais … dis toi qu’ici il ne faut pas grand chose pour qu’on vous regarde de travers … par exemple un « moi je pense que la punition corporelle c’est de la violence » et là tu deviens une maman extra terrestre …

  2. dieudeschats

    Peut-être pourras-tu profiter de ces rencontres pour montrer à ces parents qu’un autre rapport est possible avec leurs enfants, je ne parle pas forcément d’argumenter mais d’illustrer par ta présence et ton comportement…

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