Titre : Patrick Cauvin

 
Il n’est pourtant pas bien compliqué de se rendre compte qu’une ontologie fondamentale dont on veut renouveler la signification ne peut passer que par une phénoménologie de l’existence explicitant la structure globale de l’être-là.

 

Raoui by Souad Massi on Grooveshark

 
Je suis angoissée. Pas de raison précise, je songe à noël qui peut-être, me stresse.

J‘ai rêvé hier que la maison prenait feu, un mur extérieur gauche, que nous devions évacuer par sécurité parce que les pompiers n’arriveraient pas à l’éteindre et que la maison allait être touchée dedans. Je ne crois pas craindre un autre incendie, je ne sais pas trop l’interpréter.
J’ai rêvé ensuite que j’étais dans une piscine et cela m’amuse, le feu et l’eau dans la même nuit. Même si je n’ai pas compris.

Le stress ambiant qui se propage sur la pilule m’a atteint. habituellement ces choses passent loin au-dessus de ma vie, même quand je suis un peu concernée. J’ai un petit côté fataliste qui s’adapte, je change mes habitudes et je passe à autre chose jusqu’au bouleversement suivant qui me les fera changer.
Pas cette fois.
D’abord parce que ça pointe sur une de mes difficultés : prendre un médicament. Je suis capable de suivre un traitement 4 ou 5 jours. Davantage et je peux être certaine d’en oublier. Cela m’est insupportable d’avaler quelque chose régulièrement, je veux faire confiance à mon corps même défaillant pour se guérir.
C’est comme ça que j’ai stoppé un traitement à vie. Parce que. Je me suis sevrée, seule. L’antihistaminique garant de ma respiration, de ma vie. J’ai appris à gérer en prenant mon traitement quand il y avait un réel besoin associé à la ventoline. Au début j’ai galéré et puis mon corps s’est habitué, et puis j’ai réglé des choses dans ma vie, et puis j’ai respiré.
Et puis, la pilule.
Pour la naissance de hibou, je me suis demandé. Très fort. Pour la ligature des trompes.
La peur de la douleur, mais aussi et surtout la peur d’être opérée à cet endroit précis quand j’ai refusé 9 mois de touchers vaginaux, m’ont stoppé net.

Un an donc, que je tente d’observer les choix que j’ai. Il y en a peu, en réalité. On nous bassine les oreilles avec toutes nos options, mais il y a un peu de moquerie dans l’air.
Implant, stérilet, et j’en passe, des choses à mettre dans notre corps.
Faut supporter l’idée, et en prime c’est pas fiable.
Le préservatif, sympa pour celles et ceux qui supportent mais ce n’est pas mon cas.
La pilule, .. pas très fiable et dangereuse pour les 3em et 4èm génération. Je ne suis pas très concernée, j’ai une 1ère génération, une micro-dosée, une pas fiable du tout parce que je dois prendre à heure tellement fixe que passer une heure je peux tomber enceinte. Ça ne m’est jamais arrivé, et les seuls effets négatifs finalement, ce sont les 6kgs que j’ai pris avec lors de la reprise après mes accouchements. Je m’y fais, autant que faire se peut, je n’y peux pas grand chose et je vais pas me mettre au régime, pas déconner. Mais c’est vrai, je m’en passerai bien. L’autre effet négatif, mes règles toutes les deux semaines. Niveau émotionnel, je trime.

Il nous reste une autre option, radicale, et nous y pensons fortement.
Nous avons deux magnifiques enfants, mais un troisième, même s’il serait accueilli avec bonheur, ne serait pas raisonnable ni pour ma santé ni pour ma patience envers eux, ni pour l’écoute particulière de ces petits êtres.
Il réfléchit.
Je l’aime aussi pour cette réflexion qu’il se permet, cette possibilité qu’il nous donne.
Je l’aime

8 Comments:

  1. Oh, c’est chouette en effet, cette possibilité pour vous …
    N. ne serait pas contre après le prochain … moi, si. Parce que je ne suis pas sûre de vouloir m’arrêter à 2 ? (Mais lui est sûr, et c’est son corps). Parce que je me dis qu’on ne sait pas ce que la vie nous réserve, et qu’il pourrait avoir un jour un nouvel amour, avec l’envie d’avoir des enfants ?
    (Vivement que je retrouve ma psy, hein …)

    1. J’ai évoqué cette possibilité en effet avec lui. Que s’il m’arrivait quelque chose, il pourrait vouloir des enfants, avec une autre femme dont il serait amoureux. Mais il dit non, qu’il a deux enfants, et qu’il n’a pas envie d’en avoir d’autres, même dans d’autres circonstances. Pour l’instant ce qui l’arrête, c’est l’inquiétude du geste lui-même et je le comprends.
      Si j’avais voulu un 3èm enfant, je sais qu’il m’aurait suivi. Mais cela nous satisfait tous les deux ainsi, donc nous n’avons pas ce souci c’est vrai.

      Pourquoi, ta psy ? 🙂

  2. arrona

    coucou … profondément intéressée par ton post … très concernée aussi …
    Avant tout une note légère : j’adore ce livre.
    Ensuite ta reflexion sur la contraception …ca fait 5 ans (presque disons avec le retour de couche) que je me débats avec ce problème. Plus de pillule je ne voulais plus de cette impression de déséquilibrer quelque chose dans mon corps. Les corps étrangers genre implant, stérilets etc … tout simplement pas envisageable. La ligature des trompes … oui mais je n’ai pas complètement (mais presque) fait le deuil d’un 3eme … Donc le preservatif nous utilisons mais n’aimons pas … Fred a pensé à la vasectomie mais les conséquences sur la santé des hommes m’inquiètent … Et le côté définitif m’effraie un peu..
    Tout ça pour dire que nous tournons sur ce sujet encore et toujours … Bisous

    1. Mon beau-papa a fait une vasectomie après leur 4ème enfant (en pleine illégalité de la chose d’ailleurs à l’époque), et sa santé va très bien 🙂
      Tu as eu des échos de problèmes ? Si c »est le cas cela m’intéresse, je n’ai rien trouvé (ce qui ne veut hélas rien dire).

      Le côté définitif est effrayant bien sûr, l’humanité tend à se reproduire mine de rien 🙂 .. mais je t’avouerai sincèrement être bien plus effrayée par le fait d’avoir un 3ème enfant, qui sera tout autant aimé mais qui n’aura pas été désiré (désiré dans le sens « j’arrête la pilule » car si je devais retomber enceinte la question ne se poserait pas, on l’accueillerait avec bonheur), et très très effrayée par ce que je donnerai à cet enfant. Déjà avoir Hibou n’était pas raisonnable, et même si jamais je ne regretterai (comment cela serait-il possible ? ^^) je ne peux pas envisager un autre enfant au milieu de mes problèmes de santé.
      Mais bon là il s’agit de moi ça t’aide pas dans tes interrogations ^^’

      Fred n’en veut pas d’autre, j’en déduis ?

      Je n’en peux plus de prendre la pilule.. mais pour l’instant je n’ai pas de choix autre. Cela me rend très nerveuse..

      (et moi aussi, j’avais beaucoup aimé le livre, j’étais jeune quand je l’ai lu)

  3. ddc

    Cela fait plusieurs années que ce sujet revient régulièrement dans mes préoccupations aussi. J’ai d’abord changé de gynéco puis de pilule car la précédente n’était pas sensée être un contraceptif normal pour du long terme, maintenant je me rends compte que la nouvelle ne vaut guère mieux (3e génération). A un moment je penchais pour le stérilet au cuivre mais ma gynéco y était plutôt opposée car trop risquée pour une nullipare (et pour cette même raison, je ne veux rien de « définitif », parce que je me réserve le droit de changer d’avis). C’est vraiment pas évident… A côté de cela, un collègue catholique me dit que sa femme suit une méthode naturelle qui serait aussi fiable que la pilule et ne leur a jamais donné d’enfant non désiré, mais disons que pour eux un enfant de plus ou de moins (ils en ont quatre) n’aurait pas le même impact que pour moi !

  4. ddc

    Je ne me souviens pas, je vais lui redemander à l’occasion (quand le contexte y est propice).

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