Il suffit d'un mot

Larmes de Princesse

Titre : Minako Oba
 
Keiko n’aurait su dire exactement pourquoi, mais ses compatriotes la fatiguaient. Cette obligation toute japonaise de réfléchir en permanence à ce que pensait réellement l’interlocuteur, jointe à l’impossibilité de l’interroger pour avoir des éclaircissements, l’impatientait au plus haut point.
(..)
On ne fait que détruire sa personnalité à force de vouloir se différencier de son entourage.

 

Parfois je me dis que mon impatience vient des douleurs. Que cela me fait m’exaspérer. Vite. Sortir le son plus fort à défaut d’Elle.
Parfois je me dis que je suis ma mère et que c’est pour cela, que je peux crier.

Ce matin j’ai perdu mon J+5.
Je n’ai pas hurlé, je n’ai démonté personne, j’ai haussé la voix, haute perchée sur un fil ténu. De douleur contenue, d’exaspération, de vouloir être entendue, de vouloir entendre LeChat qui me répétait pour la 3èm fois ce que la voix de Prince couvrait encore et encore.
Je le sais, que ce n’est pas grave. Que plus tard, bien plus tard, nous pourrons nous permettre de ne pas l’entendre comme un « j’ai crié », peut-être. Mais pas maintenant. Nous sommes en zone de tolérance zéro. Pour pouvoir équilibrer, ne pas nous emporter, comprendre quand, comment, pourquoi.

Il est difficile, cet équilibre.

Prince, avant-hier, m’a dit c’était une bonne journée, on s’est pas énervés.
Alors je lui ai reparlé de sa grand-mère. Des excuses qu’elle n’a pas su offrir. De notre décision. De nos manquements possibles. De notre amour. De notre mieux.

Je suis triste de m’être énervée ce matin, mais je ne suis pas démoralisée pour autant.
Les premiers jours j’ai beaucoup, beaucoup pleuré. La colère a fait place aux larmes, les larmes se sont apaisées.
J’ai gagné en calme, et cela vaut tous les jetons du monde.

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