Titre : Milena Agus
 
D’après maman en effet, dans une famille, le désordre doit s’emparer de quelqu’un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux, sinon le monde se sclérose et s’arrête. Si nos nuits sont sans cauchemars, si le mariage de papa et maman a toujours été sans nuages, sij’épouse mon premier amour, si nous ne connaissons pas d’accès de panique et ne tentons pas de nous suicider, de nous jeter dans une benne à ordures ou de nous mutiler, c’est grâce à grand-mère qui a payé pour nous tous. Dans chaque famille, il y a toujours quelqu’un qui paie son tribut pour que l’équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s’arrête pas.

 

teaser by Saycet on Grooveshark

 
(C’est pénible.. déjà peu de temps pour écrire, et le net depuis 2-3 semaines qui s’éteint.. impossible hier de poster aussi je l’anti-date
(Edit : finalement.. j’ai continué d’écrire sur le même post alors, date d’aujourd’hui)

*

Avant de partir pour les fêtes, juste avant, j’ai compris. La douleur et le cerveau sont deux choses très obscures encore..
J’ai compris pourquoi j’ai mal dès que je me pose devant un film. Dès que je suis sur un canapé à discuter. Quand on fait de la route. Quand je me pose.
J’ai compris pourquoi je suis tout le temps sur mon pc, ou à défaut à coudre même si c’est moins efficace et que je reviens donc au pc. Par intermittence la couture. Ce qui explique que j’avance si peu vite. Si lentement. Trop lentement.

Et ce qui est terrible, c’est que je ne sais pas occuper mon temps autrement, je ne sais pas ne pas avoir mal autrement. Dès que je sens la douleur en périphérie, je retourne sur le pc. Une solution d’évitement, une solution efficace, une solution de mise à distance, une solution qui fait souffrir Prince.

J’ai le choix entre souffrir ou faire souffrir mon fils.

Le marteau ou l’enclume.

J’ai ralenti le pc, Prince s’occupe davantage et est plus zen, j’ai beaucoup plus mal. Je lui ai laissé la place de s’installer et les douleurs plus grandes se réinstallent, la colonne se brise, les mains ne bougent plus correctement ; j’espère savoir la refouler de nouveau loin de mes perceptions même quand elle est là, toute petite, qui chuchote. Je ne sais pas comment occuper suffisamment mon cerveau pour qu’il ne sente pas les douleurs plus faibles, que je puisse me croire avec juste les fortes, celles qui font plier, qui brisent, qui tombent, qui effacent la mémoire. Je ne sais pas quelle occupation saura faire cela.. je ne sais pas.. je ne sais même pas si c’est une bonne chose, de l’éviter.. Après tout, qui peut savoir de quoi mon corps a besoin ? Exprime-t-il quelque chose ? Comme pour l’allergie aux poils de chat ? Me dit-il j’ai mal, occupe-t-en, répare-moi ?

Moi aussi parfois, j’ai l’impression que dans une vie antérieure, j’ai dû être vraiment méchante, vendre mon père et ma mère.
J’ai du être l’elfe le plus méchant qui soit, pour expier ainsi, des douleurs que je ne comprends pas.

Je garde précieusement les mots, ceux qui sont fées, elfes et sorcières, ceux qui habitent de vert et de feuilles, ceux qui posent.
Je cherche le lien pour écrire. M’éloigner.
Écrire.
M’écrire, sans doute.

2 Comments:

  1. ddc

    Oh tu me fais penser que j’avais une feuille à te scanner à ce sujet… j’essaie de le faire ce soir, on ne sait jamais que cela puisse t’aider.

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