Il suffit d'un mot

Il ne vous reste qu’une photo à prendre

Titre : Laurent Graff
 
Derrière chaque photo, par-delà le plaisir et la joie, il y a la peur, peur du temps qui passe, de sa fugacité, peur de voir puis ne plus voir,vivre puis ne plus vivre, avoir vécu et n’en avoir nulle trace démonstrative, nul souvenir tangible; derrière chaque photo, il y a la peur de mourir, et la preuve de notre mort.

 

Tagono-Ura by Moriarty on Grooveshark

 

Il a neigé, un peu, petit peu. La promesse de douceur n’a pas tenue.
J’ai une tristesse en moi, profonde. J’aurais besoin d’un thé à deux, d’une théière à apporter sur la table basse que je n’ai pas encore, de chaleur, de mots apaisants échangés.
Pas de nouvelle de papillon, pas de réponse, et ce téléphone que je n’ose pas prendre.

Et.
Les photos que je ne fais plus, l’appareil que je voudrais, les voyages dont je rêve, les vêtements en pensées, la décoration plein les yeux mais sans les mains, mon petit qui se détourne, les douleurs qui explosent, le courrier en attente, la légèreté qui n’est pas, le manque, la pagaille poussiéreuse, la magie inquiète, tout qui s’envole.

J’avais fait une photo de moi, appareil retourné, le bandeau dentelé, les cheveux rouges.
Hibou s’est détourné. Il ne veut que son papa.
Prince m’y a trouvé belle. Il me trouve toujours belle.
LeChat m’y a trouvé triste.
J’ai supprimé.

Il neige.

J’ai besoin. De trouver.

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3 Comments:

  1. sage

    Petit ne veut que son papa ici aussi… ça m’amuse. Pour l’instant.
    La nuit, il appelle « maman ». Quand il se fait mal, il appelle « maman » mais court vers papa s’il est là.

    Ne te détourne pas trop. Des photos. Ce serait bien dommage 😉

    1. Ça a arrêté de m’amuser quand mon gamin en pleurs a refusé d’être consolé dans mes bras le temps que LeChat fasse je ne sais plus quoi, plusieurs fois dans la même semaine, refusé mes bras, refusé même quand il tombait ; j’étais repoussée et il hurlait si je le prenais (parce que son papa avait besoin).
      J’en ai pleuré tellement ça m’a atteint. Le petit est venu mettre sa tête sur moi quelques secondes, avant de retourner voir son papa. Depuis ce jour-là, Hibou dose davantage entre son papa et moi, et si à des moments il préfère son papa ça ne me blesse plus car il n’y a plus de rejet.

      C’est terrible parce qu’à aucun moment je n’ai voulu faire du chantage au petit, ni le faire changer moi de manière de faire.. C’est ma tristesse qui l’a atteint et.. j’en suis bouleversée.

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