Titre : Marie-Noëlle Drouet
 

Arbre mon ami,
mon pareil à moi,
si lourd de musique
sous les doigts du vent
qui te feuillettent
comme un conte de fées,
arbre
qui comme moi
connais la voix du silence
qui balance
le profond de tes mèches vertes
le frisson de tes mains vivantes
arbre
mon ami
mon tout seul
perdu comme moi…

 

Nouvelle Vague by Anouar Brahem on Grooveshark

 

J‘ai la sensation en moi, dévastatrice, d’aller en avant à reculons. Je ne sais pas. Plus je me penche sur moi pour comprendre mon corps, plus il m’enfonce dans la souffrance. Comme si je lâchais prise avec mes enfants et tentait de reprendre le contrôle de mon corps. Ce n’était peut-être pas si mal, de mettre à distance, de regarder mon écran, et de lui dire merde-je-t’entends-pas-je-t’entends-pas-je-t’entends-pas.
Je m’enfonce dans la douleur. J’attends. Cela ne peut que s’arrêter un jour, n’est-ce pas ? Cela ne peut que.
Je ne supporte plus les cris de mes enfants, quand j’ai déjà tant à entendre de mon corps, quand je suis saturée de mes propres gémissements, là, en moi. Je les voudrais à l’école, à la crèche, dans la famille, loin. Une petite journée. Toute petite journée pour souffler. Avec cette même petite journée sans le brouillard dans ma tête, sans les yeux qui se ferment. Et ne plus oublier.

Hier j’étais fière de moi. Aujourd’hui, j’en pleure.
Hier, j’étais toute à ma journée, justement.
Hier, j’ai lancé une machine de linge, vidé le lave-vaisselle et re-rempli, passé l’aspirateur et lavé. J’ai été heureuse de tout ce que j’avais fait, pour la première fois depuis si longtemps, jusqu’à ce que je le dise tout haut à Blanche. Quatre choses sans m’écrouler, j’ai réussi à faire quatre choses.. Où est l’exploit, dites-moi ? Je rigole bien, quand au milieu de ça, je voudrais du temps et de l’énergie pour écrire..

La plus belle des douceurs qui m’apaise, c’est ma liseuse. Je peux m’installer, allongée ou assise, caler mon dos, poser « mon livre » et ne plus y toucher sauf pour passer les pages.. jamais je crois, je n’ai autant aimé la technologie. Je me replonge avec délices dans les mots, sans avoir à soulager mes bras. Je trésorise, j’ai en ma possession une centaine de livres, je crois qu’il serait bien que je me calme un peu ^^’

Hibou ne se sort pas de la teigne qu’il a choppée, mais ça ne l’embête pas et c’est le principal finalement. Il continue d’être intenable, malgré le temps que je passe avec lui pour l’occuper et les câlins que nous faisons, et tente de mettre en pièces détachées chaque meuble et chaque objet.

Prince gère donc son temps de dessin animé, nous ne nous en occupons que pour allumer ou éteindre le petit pc. Il y a deux ou trois jours, il a à peine vu une heure sur la journée ; sinon en général il en voit deux, au lieu de un que nous lui permettions, étalés sur la journée, entrecoupés de sorties et d’activités diverses. Cela s’est fait en douceur.

Et puis la sérénité financière, bientôt.
La Caf va enfin verser l’argent au propriétaire concernant l’allocation, nous allons donc arrêter de payer l’intégralité du loyer. Je crains un peu comment ça va se passer, le propriétaire va devoir nous rendre un peu moins de 2000 euros versés en trop.. J’attends, LeChat est confiant et ça aide.
Les fins de mois vont devenir légères, nous allons pouvoir prendre la route, et faire quelques menus achats pour décorer la maison.

Je rêve. D’un arbre, tout en douceur, dans la chambre des enfants.. je sais déjà que cela ne me sera pas simple, mais cela nous fera du bien d’avoir sur nos murs, autre chose que la pâleur certes agréable, de la tapisserie.
Et d’y songer, je sais que c’est ce qu’il doit être.

Il est étrange, vraiment, d’écrire sous les larmes et de terminer sereine.

arbresneige

Et j’ai récupéré photoshop ^^

2 Comments:

  1. J’aime ta dernière phrase parce ce que ça m’arrive tout le temps. L’écriture est un soin de l’âme. Malheureusement, elle ne peut pas grand chose pour le corps. bon courage.

    1. L’écriture est vitale. Et pour le corps d’une certaine manière, elle peut aussi beaucoup.. elle pose les mots de la douleur, elle permet de ne pas envahir mes proches, de ne pas pleurer sur moi, d’avancer encore et encore même si.
      Ce corps qui croit qu’il meurt de souffrance, je le mets à nu par les mots. J’existe autrement, je crée autrement, je lui refuse mon impuissance.

      Je suis une tête de mule 😉

      L’écriture peut beaucoup.
      Douces pensées pour toi 🙂

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