Titre : Éric Chevillard
 
De mauvaise grâce, le libraire se penche sur son ordinateur. Vous m’avez bien dit Don Juan ? Don Quichotte , finasse l’insupportable petite péteuse. Puis, à sa demande, elle lui épelle le titre. On ne peut pas tout connaître, n’est-ce pas ? Sur le bandeau promotionnel de son dernier roman, le visage ingénu d’Amélie Jardin semble acquiescer à cette fine observation. Puis le libraire se retourne vers sa cliente avec un sourire de triomphe.

Épuisé !

 

De cara a la pared by Lhasa de Sela on Grooveshark

 
Prince est un petit garçon des plus étonnants. Ses boucles blondes, ses longs cheveux, ses yeux bleus.. Ce « qu’elle est mignonne » qui jalonnent son enfance dans une très grande indifférence.. avec ce « c’est un garçon aussi » en parlant de son frère, parce que lui aussi on commence à me dire « mais quelle est belle !« . Parce que ces cheveux poussent. Parce que je ne comprends pas le calvaire-coiffeur qu’on impose aux enfants.

Depuis qu’il a compris qu’il maitrisait ce qu’il mangeait dans son assiette (le deal étant soit il mange ce qu’il a demandé, soit il mange nos repas à nous), il mange de tout un tas de choses en bonne quantité et avec entrain : carottes, chou fleur cru, cornichon, pâtes au beurre, pâtes carbonara, viande hachée, semoule, gruyère, yaourts, soupe de potiron (maison), banane, pommes, compotes, etc.
Il est très loin de manger de tout, mais il est rare qu’il refuse de gouter et il n’a plus aucun souci à venir à table.
Le sujet est décomplexé, il arrive même qu’il mange un gâteau 30 minutes avant le repas, sans souci ensuite.

Il décide s’il prend bain ou douche depuis très jeune (encadré dans le sens ou obligation de choisir l’un ou l’autre).

Lui laisser le libre accès aux dessins animés a été un beau succès. En général il a regardé 30 minutes à 1h de plus que ce que moi je lui permettais à la base, et parfois il n’en a pas regardé du tout. Parallèlement j’ai du stopper cette liberté, parce que je me suis rendue compte que cela l’angoissait, le rendait encore plus instable, plus turbulent, plus triste, plus énervé, plus un-tas-de-choses. J’ai donc rétabli la donne, je lui ai expliqué que je ne voulais plus attendre qu’il veuille faire du cahier mais que les activités seraient désormais obligatoires tous les matins, et l’accès aux dessins animés uniquement les après-midi. Le matin, si je décide que nous faisons du cahier, il choisit parmi toux ceux que nous avons (ce qui lui laisse du coup une liberté de choix qui est très importante pour lui).
Depuis quelques jours que ces cadres ont été mieux mis en place, il est beaucoup plus calme. Toujours bien dissipé certes, mais plus calme. Parfois, deux jours passent sans qu’il me parle de regarder un dessin animé.
Je lui laisse regarder 2h au lieu de 1h30 (soit le temps sur lequel il s’était stabilisé tout seul), je suis zen sur le sujet (si ça dépasse pas un drame) et du coup lui aussi.

J’essaye de l’occuper le plus possible, puisque l’inactivité l’angoisse. Je lui ai fait de petits fantômes en tissu qu’il a trainé partout, une cabane permanente dans sa chambre, nous faisons du cahier, de la peinture, de la pâte à modeler, etc. Et quand je me pose avec un livre dans le canapé, en général il vient avec un livre lui aussi, s’asseoir à côté de moi (ce qui est difficile puisqu’il raconte l’histoire tout haut ^^).

Depuis quelques jours, c’est d’une certaine manière plus facile à la maison. Plus difficile aussi, car cela m’épuise. Je voudrais ne pas bouger, j’ai froid, si froid, tout le temps.. si mal aussi.. et ce pied, ce pied qui se bloque dans la douleur insupportable, et puis.. Mais il y a Prince et ses besoins, son hyperactivité à cadrer, son hypersensibilité, ses sauts d’une chose à une autre.. A1ors je mets de côté. Je tiens jusqu’aux we.

Et je suis impressionnée par cet enfant capable de tant d’autonomie, de se gérer, de sa capacité à savoir ce dont il a besoin, de s’exprimer.
Il a besoin d’une énorme liberté pour être calme, avec énormément de cadres et limites pour ne pas angoisser.
C’est encore un si petit bout..

4 Comments:

  1. ddc

    Quand tu dis « stopper cette liberté car ça l’angoissait », ça me fait penser à une famille amie qui nous disait avoir eu énormément de difficultés avec leur 2e fille lorsqu’elle était petite (elle a 12 ans aujourd’hui), au point qu’ils ont dû aller voir un psy… qui leur a dit en susbtance « d’arrêter de lui demander son avis pour tout » car en gros elle avait besoin d’un cadre limitant et rassurant. Que c’est dur de trouver un juste milieu !!

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