Titre : Ingrid Desjours
 
Il faut toujours se méfier des relations triangulaires… à la fin, il y en a toujours un qui souffre.

 

C’est quand elle m’a dit « tu ne peux pas jeter autant que Elle » que j’ai failli m’énerver : elle niait l’intérieur même du travail que j’effectue. Elle, elle jette tout ce qui est usé, des bibelots, de vieux meubles, Elle fait un grand tri. Elle a jeté plusieurs sacs de 50l.
Tant mieux pour Elle.
L’avantage du téléphone c’est que je peux respirer et passer à autre chose. Mon visage ne se voit pas, mes émotions non plus. Nous ne faisons pas un concours, pour ce que j’en sais, et ça avait l’air très important que sa fille en jette plus que moi. Et peut-être d’ailleurs qu’Elle en jette plus que moi, qu’elle a plus de sacs pleins dans ses poubelles, qu’elle vide sa maison, sa vie, qu’elle bouleverse son quotidien pour respirer, qu’elle fait un grand ménage, qu’Elle avance. D’autant que je fais tout ça doucement, à cause de la fatigue présente et celle que je ne veux pas voir venir.
C’est le « tu ne peux pas », qui m’a frappée.

J’y ai retrouvé le discours de ma famille, « tu ne peux pas t’en sortir seule », « tu ne peux pas y arriver », « tu ne peux pas ».
Je me suis blessée sur un écho.

C’est dans une autre sorte d’écho que j’espère en jetant, savoir me débarrasser de ce genre de ressenti. C’est pénible, vraiment, de me blesser sur ce genre de choses.

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