Il suffit d'un mot

Secret absolu

Titre : William Wilkie Collins

Toutes les vieilles maisons ont quelque part un roman.

 

In for the Kill (Skream's Let's Get Ravey Remix) by La Roux on Grooveshark

 
Lullaby m’a demandé d’expliquer comment je gérais mes posts, les extraits de livres, le choix des musique.

Je me posais une question : comment gères-tu les extraits en début d’article ?
Est-ce que ce sont des extraits que tu as lus il y a peut-être un moment et gardés sous le coude parce qu’ils te plaisaient ?
Est-ce que tu cherches un extrait correspondant une fois que tu as écrit ton article ?
Est-ce que l’extrait t’inspire l’article ?
Et comment choisis-tu l’extrait musical ?
A la fin, au début ? Il est évident dans ta tête ? C’est de la musique que tu écoutes habituellement ou bien tu recherches un morceau qui collera à ton texte sans forcément que ce soit ce que tu écoutes ?

Oui, je sais, j’ai beaucoup de questions !!!


Mais ces extraits littéraires et le lien musical, je trouve que ce sont d’excellentes idées et j’aimerais juste comprendre comment tu construis tout ça, si ça t’embête pas de révéler les secrets de fabrication 🙂


 
 
J‘aime bien qu’on me pose des questions ^^
Le secret de l’écriture en ces lieux je vais donc répondre ici (ce serait bien long en commentaire), c’est de faire à l’arrache.

Bien sûr, je maitrise certaines choses d’une manière bien inconsciente certainement. Je ne réfléchis pas. Je ne suis pas du genre à faire quelque chose en le maitrisant d’un bout à l’autre : je m’ennuierais profondément et abandonnerais largement les mots des autres que je prends tant de plaisir actuellement à partager.

J‘écris. Les mots sont lâchés dans le désordre le plus absolu, je ne relis que pour les fautes d’orthographe possibles.
J’écris en musique le plus souvent alors le morceau qui accompagne mes mots, je le partage. Parfois je découvre par un blog, une liste ou une communauté sur grooveshark. Parfois je redécouvre une chanson pas écoutée depuis des années et la nostalgie me la fait ré-aimer. Toujours, j’aime ce que je pose. Passionnément, à la folie, ou juste sur l’instant.
Et si j’écris en silence, je laisse l’article dans le même repos auditif.
Il est vrai que si j’écoute un album en entier, alors je choisis le morceau qui me parle le plus sur l’instant, et parfois vraiment, je voudrais en mettre plusieurs et insister sur la musique plus encore que sur les mots que je pose. La musique choisit parfois d’être partagée, et je tente de retransmettre la passion de cet instant d’écoute lumineuse et haute en couleurs.. Je me lie à la musique, autant qu’aux mots.

Ce serait d’une félicité absolue que de savoir ce qu’écoutaient les auteurs que je lis, quand ils ont écrit. D’ailleurs à ce propos, j’ai découvert, pour un seul livre et donc ne concernant qu’une seule maison d’édition, une playlist accompagnant un livre. Rien que pour cela, je vais le lire !

J’ai associé à tout jamais Entretien avec un vampire de Anne Rice avec la musique « Adiemus II Cantata Mundi » (1996), pour l’avoir écouté en boucle durant ma lecture (étrangement, un morceau sur deux uniquement. Parce qu’un sur deux, réellement, me transporte ou m’est insupportable ou plus simplement ne me parle pas. Inexplicable). Je ne peux pas le lire sans l’écouter, je ne peux pas l’écouter sans penser « vampire » ou « Lestat ». Et j’aime cette association extraordinaire qui a lié deux mondes l’un à l’autre, pas juste les mots, pas juste les sons, mais tout un monde allant de la Louisiane à cet être torturé qu’est Louis. Il y a là une pureté telle, que le retransmettre est assez creux, mais chacun des livres suivant de cette série, je les ai lus avec cet album.. en voici l’une des musiques :
 

Song Of The Odyssey by Adiemus on Grooveshark

 
Et donc, j’écris en étant liée à une musique.

Il est très rare que j’ai lu le livre lorsque je pose un extrait. A l’inverse, le plus souvent cela me pousse à lire le livre dont je tire les mots du sommeil. Je suis charmée par la découverte, les sonorités, l’instant qui s’ouvre sous mes yeux, la plume qui s’envole..
Alors je cherche l’extrait après avoir écrit, avec ce qui me semble être le mot clé.
Je cherche la clé de mes mots.
Quand j’ai trouvé la clé, très rapidement je trouve le livre (sur Babelio, où je suis inscrite), et les mots sont comme un sursaut, une évidence, et je les propose ici.

C’était trop long tu vois, pour te répondre en commentaire ^^’ Merci de tes questions, cela m’a permis de bien prendre conscience de comment je liais ces deux mondes, de comment je fonctionne. Même si peut-être, j’aurais du prendre plus de temps de réflexion, pour moi, pour mieux saisir.
Même si je me suis particulièrement égarée dans ma réponse ^^’

9 Comments:

    1. Non non ! Chouette un autre livre ^^ Je parlais de « Phaenix, tome 1 : Les cendres de l’oubli » de Carina Rozenfeld 😀 Que je n’ai pas encore lu pour l’instant donc je ne peux rien t’en dire.

      Je l’ai trouvé merciiiiii (ainsi que la musique ^^) !

  1. ddc

    D’après les souvenirs que m’ont laissés ‘les fourmis’, il me semble que Werber note aussi en fin de livre les morceaux qui ont accompagné son écriture, cela m’avait étonnée au départ et finalement j’avais trouvé que c’était une excellente idée 🙂

  2. Oh mais quelle belle réponse ! Merci pour la révélation de ce « secret absolu » qui ne l’est pas tant que ça, finalement !

    J’aime bien comprendre le mécanisme, je n’imaginais pas que tu écrivais en musique, je pensais que tu cherchais une musique après avoir rédigé, et que ce n’était pas forcément une musique que tu écoutes habituellement. J’avais tout faux !

    Autant j’adore la musique et j’adore écrire, autant j’ai du mal à écrire en musique. Finalement, la musique me déconcentre, j’ai tendance à vouloir chanter en même temps, battre le rythme, etc, je me laisse perturber facilement par les sons (c’est aussi pour ça que je recherche souvent le silence), à la limite il faudrait que j’écrive en écoutant quelque chose que je ne connais pas, ou n’aime pas, pour être sûre d’y arriver ! Par contre, étrangement, je peins uniquement en musique, et du coup, ça me permet de comprendre ta démarche, certains morceaux m’inspirent des images que je cherche à retranscrire, bien maladroitement évidemment, mais qui poussent la création, à défaut de l’écriture.
    Bref, je comprends un peu mieux la démarche et je te remercie pour toutes ces indications, c’est vraiment intéressant de comprendre le processus de création.

    1. Il y a un autre secret, qui n’en est pas un non plus car j’avais écrit un post sur ce sujet il y a quelques temps : je vois la musique. La musique a des couleurs, de la lumière, des mouvements. Pour moi elle est vivante.
      Je pose des mots sur un mouvement lumineux, des spirales toujours montantes légères et libres.
      C’est comme une danse.. et si je ferme les yeux pour méditer, c’est un peu comme si la musique que j’entends entrainait et se mêlait à d’autres musiques que je n’entends pas mais qui sont jouées partout ailleurs, une symbiose apaisante, extraordinaire, magnifique..

      Un ami a mis le mot sur ce ce phénomène, et m’a rassurée sur ma santé mentale ^^ Je suis simplement synesthète (quel mot à consonance étonnante..).

      Voilà sans doute pourquoi j’écris en musique 😉

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