Il m’arrive d’oublier que je perds la mémoire

Titre : Serge Wellens
 
Du fond d’un trou de mémoire
je regarde passer le ciel
où rien ne se passe vraiment
qu’un léger très léger frémissement
pareil au rêve inhabité
d’une eau dormante

Je cherche désespérément
le visage d’un mot nécessaire
qui se défaisant me défait
Il me reste la lenteur
obstinée de son refus d’être
Pour un peu de temps encore
le sillage d’une trace.

 

Si je perds by Zaz – www.musicasparabaixar.org on Grooveshark

 
Le froid s’insinue dans chaque interstice, chaque faille, chaque articulation. Je m’accroche et n’ose pas remettre le chauffage, cela continue de descendre et je m’obstine à prendre des bains, faire des bouillottes, boire du thé caramel beurre salé. Et je suis dans un livre qui ne me réchauffe pas, perdue dans des eaux froides et des vents froids froids froids, avec des dragons qui ne savent pas voler et qui râlent sans cesse et une histoire d’amour qui ressemble au rose des adolescents. Je ne sais pas trop ce que je fais dans ce froid là, à me dire que décidément je n’aime plus Robin Hobb.

J’ai stoppé mon traitement depuis deux semaines et je m’enfonce mais vraiment doucement, douleurs très présentes et fatigue qui se ré-installe fortement. Il y a quelques jours j’étais heureuse en tapant mon code de CB, une dizaine de fois sans l’oublier, une dizaine de fois que je me dis que je vais mieux, une dizaine de sourires. Et puis je suis rentrée et devant ma porte, j’avais oublié le code de ma porte d’entrée. Celui que je fais bien trois fois par jour.
J’ai repris mon traitement.
Je n’aurais pas moins froid, pas moins mal, mais moins de fatigue, des effets secondaires et toute ma tête. Celle qui est la mienne, disons.

J’entame un autre blog.
J’ai découvert que je ne savais pas écrire, que les mots détalaient comme des lapins si je n’étais pas devant mon blog. Alors j’ai abandonné OpenOffice pourtant parfait, et je reviens là où tout me vient. J’ai ré-ouvert un autre blog. Il est accessible (sous la fourmi ^^) mais ne contient que de vieux mots. Avec mot de passe. Pour ceux qui souhaitent s’y rendre, c’est le surnom que me donnait mon grand-père, en anglais parce que tellement approprié avec le monde qui est le mien.. Je me dis que celui là, je ne devrais pas l’oublier. Le mot de passe.
Mais pas besoin de se précipiter, je ne sais pas si ce subterfuge avec moi-même va fonctionner. Et peut-être que le temps de prendre confiance en moi, je mettrai un autre mot de passe, ça me laissera une chance de l’oublier comme ça 😉

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