Poil d’or, le lapin géant

Titre : Marie Barrillon
 
Poil d’or donnait des poils magiques à tous les gens, à tous les animaux dans le besoin et toujours ses poils repoussaient, et toujours ils étaient magiques. Et toujours… ils faisaient le bonheur de ceux qui en possédaient un.

 

Amssétou by Mathieu Chedid on Grooveshark

 
Par Zelda, j’ai découvert ce blog et particulièrement cet article puis celui qui a suivi.
Je vous encourage à lire tout ça, au pire vous le jetterez aux orties, peut-être que cela restera dans un coin et ressurgira plus tard, et au mieux vous le ferez lire à vos filles (merci LN).
Il y a bien sûr bien d’autres personnes qui en ont parlé, peut-être mieux. Ce regard sur soi, c’est le plus difficile à faire évoluer.

J’ai quelques petites choses à rectifier et à ajouter, par rapport à mon précédent post.
Tout d’abord, je n’ai pas les poils des jambes bruns, mais châtains foncés. Simplement que sous la douche, ils me paraissaient noirs. Pas important ? Si un peu. C’est blessant, mais si ça compte. Plus ils sont sombres, plus ils se voient, plus c’est dur d’assumer. L’équation est fort simple..

Il y a en second regard, celui de mon mari. Qui aime mes poils parce qu’il les trouvent doux au toucher. J’avais fortement besoin de son avis, je sais parfaitement que cette année en tout cas, s’il m’avait dit détester et avoir besoin que j’enlève, je l’aurais fait : mon couple est plus important que des poils, même au regard (!) de tout le poids de la société qu’on s’impose. Juste pour lui plaire, je l’aurais fait. Comme quoi, je suis pas sortie de l’auberge hein.
Mais il aime sous les doigts.
Il m’a demandé si à un moment il a besoin que je rase (non j’épile pas, toujours pas, jamais, je suis pas maso), si je voulais bien le faire. J’ai accepté. Le deal l’a rassuré, ce n’est pas figé, du coup mes poils ne l’intéressent plus, sauf sous ses doigts.
La vie finalement, peut être simple.
Qu’on se comprenne bien, cela aurait été pour lui une préférence, il n’aurait rien imposé. De même que je n’ai pas imposé mon besoin. Dans notre discussion qui a somme toute duré 3 minutes (et peut-être 59 secondes), nous avons trouvé notre point d’équilibre pour voir comment ça ferait, avec des poils sur mes jambes. Parce que chez nous, y’a des conversation plus passionnantes, ça nous a pas pris la journée.

Le côté paradoxal de la chose, c’est que je viens de passer la journée à lire des posts sur le sujet, pour tenter de comprendre comment changer non pas le regard de la société, des gens, etc, mais plutôt de voir comment je peux changer le mien. Étant une personne portant peu de jugements (dire « pas » serait utopiste, parfois je me déçois ^^), voir une femme avec des poils me laisserait indifférente. Et comme je suis particulièrement dans la lune, jusqu’à présent je n’aurais pas remarqué ce que ça aurait pu lui demander de ne pas s’épiler comme toutes les autres femmes, ce poids en face pour cette légèreté demandée. Mais mon regard sur moi par contre, est plus compliqué.

J’ai passé mon enfance à survivre. Me plier, m’effacer, ne pas faire de vague, ne pas parler, ne pas répondre (même aux questions directes), sourire (même sous les engueulades), pleurer aussi. J’ai ingurgité tout ce qu’on m’a dit, j’ai dit oui à presque tout et personne n’écoutait les non. Je me suis réveillée une première fois à 27 ans, et cela m’a couté mon couple (je faisais tout (même l’électricité et le bricolage) il ne faisait rien.. je suis devenue une personne en colère mais il m’a fallu 6 ans pour ça et pour partir). Je me suis réveillée une seconde fois, quand l’homme de ce couple bancal est mort : comme une liberté que je me permettais une seconde fois.

Neuf ans ont passé. C’est seulement maintenant que je prends conscience du poids qui me pèse, seulement maintenant que je me rends compte qu’il n’y a pas que ma famille pour faire ça.

Seulement ce matin, pour percuter sur une phrase anodine qui est amusante et moqueuse mais dans ce contexte de poids il est incroyable que nous ne l’ayons pas vu. Régulièrement avec Blanche, nous disons à l’autre « tu n’es pas une vraie fille ». Et c’est vraiment empli de joie, de douceur, de sourire, de rire et même de fierté : nous sommes sur des chemins compliqués, nous nous battons avec nous-même, nous réussissons ou pas, on recommence plus loin. Pas de shopping pour nous, pas de soldes, pas de maquillage chaque jour, pas de talons hauts, pas de beaucoup de choses. Juste, de temps en temps. Rien d’encré. Pas de vraies filles.
Je me le suis pris en plein visage.
L’image même de la féminité c’est donc vernis à ongles, cheveux bien coiffés, cheveux blancs colorés, boutiques, vêtements à la mode, corps maigre mais sans voir les os, corps asexué et glabre, épilation douloureuse ? C’est ça ? C’est ce que vous voyez ? C’est ce qu’on doit être ? Sinon je ne suis pas une vraie fille ?

Peut-être que je dois le regarder comme « pas une fille mais une femme, oui ». Parce qu’en même temps, il est évident que je suis bien loin de faire tout ça, que je déteste la plupart de ce que j’ai cité et que pour le reste je m’en fiche éperdument. Je me maquille très rarement, je ne fais pas les magasins, je me suis coloré les cheveux en rouge pour le bonheur de la couleur (mais je laisse en plan les racines visibles parce que je m’en fiche que ce soit pas beau aux yeux des autres. Et d’ailleurs à ce propos, bien que mon mari m’est demandé plusieurs fois de faire une couleur naturelle pour unifier je n’ai pas pu m’y résoudre. Comme quoi finalement, en tout cas sur ce point, je n’ai pris en compte que moi : je veux bien abimer mes cheveux pour me faire plaisir une fois, mais pas les abimer pour les rendre beaux pour les autres.).

Il y a cette vérité incroyable, « je ne suis pas une vraie fille ». Et cette violence, dans ces mots dans lesquels je me reconnais. Je ne suis pas une vraie fille, pourtant je suis très féminine. Presque j’aurais pu écrire, je suis féminine jusqu’au bout des ongles. Sauf que je ne mets pas de vernis à ongles, ou une fois par an.. Je n’ai donc pas droit à l’expression ?

Il est bien compliqué je trouve, d’être féminine, rien que dans son propre regard.. juste le sien.
J’ai encore bien du travail pour envoyer à sa juste place, des pensées que je crois être les miennes et qui ne sont que des carcans.

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5 commentaires sur “5”

  1. Bon j’adore le nouveau style … je sais aucun rapport avec le post mais ou le dire/écrire ?

    J’ai aussi énormément réfléchi à tout ça , et grâce aux liens , de fil en aiguille (ou plutôt de lien en clic) j’ai découvert des articles que j’aurais aimé lire quand j’ai allaité … Car moi non plus je n’ai jamais compris le « laisse le pleurer tu vas le pourrir » … La seule leçon qu’on peut en tirer, c’est qu’on est seul très vite, qu’on ne vaut pas la peine qu’on se déplace et autres messages sympa …
    Quand j’étais faible, mal remise de mon accouchement/épisio/ boucherie avec un déménagement et la mise au norme d’une maison dans les 2 mois qui ont suivi la naissance de ma fille … j’ai cédé à ce message …une fois … et plus jamais ! ma fille n’a rien compris, a pleuré jusqu’à s’endormir d’épuisement et s’est réveillé 30 mn plus tard en pleurant … J’avoue n’avoir pas du tout compris non plus quel bien il y avait à cette méthode …. encore aujourd’hui je ne me le suis pas pardonné vraiment … au moins ça aura renforcé mes convictions : ils existent d’autres solutions : le porte BB puis en core mieux l’écharpe de portage …
    Enfin bref je suis une personne en devenir … pour le reste de ma vie j’éspère …

    1. Tu as vu quel style ? J’en ai essayé plusieurs ^^ Le vert avec les fleurs peut-être (c’est celui que j’ai laissé le plus longtemps).
      Au fait, ton blog, ça en est où ? 🙂

      « pour le reste de ma vie j’espère » je te le souhaite en tout cas 🙂

      Ah ces phrases qu’on a pu entendre.. Moi aussi, il y a bien des articles que j’aurais aimé lire du fond de mes angoisses de nouvelle maman. Moi aussi, il y a deux ou trois choses que j’ai du mal à accepter avoir faites (je me suis pardonné, mais.. ça crisse un peu quand même..). Au moins, j’ai fait moins d’erreurs avec Hibou :/
      Jamais compris non plus ce « laisse-le pleurer ».. à part développer de l’angoisse, un sentiment d’abandon et d’impression de ne rien valoir.. vraiment je vois pas. Dis-toi par contre qu’une seule fois, à part sur le moment cela n’a pas laissé de traces. La répétition par contre..

  2. Dans la catégorie petite phrase qui aide à la maternité juste après ton premier accouchement : « vous voulez allaiter ? z’êtes sure ? non parce que vous n »avez pas une assez grosse poitrine » …
    Celle là reste un must …

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