Le mille-pattes

Titre : Jean Gourounas
 
non, ça va pas, ça va pas !
c’était mieux
comme c’était au début,
toute simple, toute jaune…
avec des pattes toutes
droites et bien rangées.
c’est déjà assez compliqué,
si on se laisse distraire, on s’en sort pas.

 

Il y a longtemps, je hurlais comme une possédée. Je suis même descendue d’une voiture qui roulait sur l’autoroute. Oui j’ai fait ça. Je ne savais pas qu’une voiture pouvait freiner aussi vite. Je me suis fait engueuler, tout en sachant que cela ne servait à rien, je recommencerai quitte à y laisser la vie. Ce n’est pas rationnel.

Et puis j’ai réussi à tuer les minuscules, celles dont on ne voyait pas les affreuses pattes sauf avec un microscope.
Avec le temps, j’ai réussi à en tuer des à peine plus grosses, qui me paraissaient immenses et qui étaient des têtes d’épingles.

Je suis passée par beaucoup d’étapes et maintenant, bien que cela veuille dire qu’elle passe dans le tuyau que je tiens, je suis capable de les aspirer qu’elles que soient leur taille. Mêmes les énormes des campagnes.

Depuis quelques temps je mets mon linge à sécher dehors, dans notre jardin, sur notre petit étendoir. Avant je n’y arrivais pas, parce que les araignées pouvaient potentiellement y aller aussi, une évidence tragiquement effrayante.
Hier, une huit patte audacieuse et minuscule, du style de la moitié de la tête d’épingle, s’est installée sur mon linge.
Je n’ai même pas réfléchi, je l’ai attrapée et virée (non, pas tuée).

J’ai la vague sensation que le cycle reprend et tourne, mais un escargot plus loin.. mais je n’arrive vraiment pas à m’imaginer en attrapant une grosse des campagnes.
J’ai comme un bug.. ‘_’

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