Danse, danse, danse

Titre : Haruki Murakami
 
Je ne suis pas un type bizarre.
Je le pense vraiment.
Je ne suis peut-être pas du tout dans la moyenne, mais en tout cas je ne suis pas bizarre. Je suis terriblement normal, à ma façon à moi. Complètement straight. Mais straight à la façon d’une flèche. Ma façon d’être est la plus inévitable, la plus naturelle du monde. Pour moi, c’est une vérité évidente, si bien que ça m’est un peu égal, ce que les autres peuvent penser de moi. La façon dont les autres me voient, c’est un problème qui ne me concerne pas. C’est leur problème.

 

Les pieds nus by Zazie on Grooveshark

 
 
J’aime danser. A la folie.
La musique a cette force incroyable de me faire oublier les naufrages, et je peux danser jusqu’à m’oublier moi-même.
Durant les trois minutes treize d’une chanson. Ensuite le naufrage dure les trois jours treize qui suivent cette folie que de faire bouger mon corps au rythme de mon échappée. Mais je ne guéris pas, ni parce que je danse, ni d’avoir dansé à en avoir mal.

J’ai été trainée dans quelques boites de nuit par des amies charitables, et alors que je préférais les pistes vides pour que personne ne m’approche ni ne me touche, j’attendais que la piste se remplisse. Pour que l’on ne me regarde pas. S’ensuivait ensuite une recherche terrible d’un coin où personne ne me frôlerait, histoire de conserver un certain self-contrôle. Une épopée épuisante, la boite de nuit.

Et puis un jour, mon travail m’a perdu. Je lui ai dit non, refusé le harcèlement, refusé l’aliénation, refusé de me faire rabaisser comme ma mère avant moi. Dix minutes après avoir dit non, j’étais libre, le harcèlement le plus court de l’histoire du travail, certainement. Cette entrave tombée, suivi de mon mariage trois jours après, m’a apportée plus que je n’aurais cru : la liberté d’être moi. Et c’est lors de cette soirée, entourée d’amis et de personnes inconnues qui ne dansaient pratiquement pas, que j’ai dansé pour la première fois. Perdue en moi, le corps exprimant une liberté nouvelle, je me suis brisée pour les jours qui ont suivi avec le plus grand des bonheurs.
Et depuis, je danse. Et je voudrais avoir cette chance merveilleuse de prendre des cours, sans souffrir, sans le regretter. Je voudrais danser sur les filaments de lumière qui me frôlent, me lier à cette lumière, me libérer de mon corps.

Alors j’entraine mes enfants avec moi, et la joie transporte notre maisonnée au rythme lent ou rapide de notes de musique crées pour nous. La danse apporte cette légèreté aux âmes que nous aurions tort de nous refuser parce quelqu’un nous regarde ou qu’un corps ne veut pas suivre. Ma manière sans doute de continuer d’avancer, vivre pleinement, respirer. Me relier à moi-même, encore, toujours.

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3 commentaires sur “3”

    1. Je t’ai trouvée ce matin par hasard sur un blog commun, je n’ai pas osé te lire.. 🙂 Contente de te retrouver Damoiselle

      Merci de tes mots 🙂
      Oui, je m’étais fait la réflexion également. Nous dansons avec nos doutes, nos angoisses, nos barrières, nos chaines, notre joie, notre pétillance, notre profondeur et notre surface.. cela change complètement la manière de danser, et le regard sur le danseur également..
      C’est beau parfois, ce qu’il y a en l’être humain.

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