Il suffit d'un mot

L’angoisse du roi Salomon

Titre : Romain Gary, Emile Ajar
 
Quand vous avez la chance de ne pas comprendre quelque chose, il ne faut pas la laisser échapper.

 

Tiny Vessels by Death Cab for Cutie on Grooveshark

 
 
La trahison. Prend-t-on seulement la mesure de ce mot..

Le choc si violent que j’ai divisé par deux ce que je mange, que des vagues d’angoisse me submergent, que j’ai pleuré pendant 3 jours.

Quelques jours que je me penche sur ce mot, et puis il me semble avoir compris quelque chose : nous ne sommes pas trahis. Cela renvoie trop la faute à l’autre, quelque soit la justification qu’on peut y mettre, quelque soit la véracité qu’il peut y avoir derrière, quelle que soit la mauvaise foi qu’on y voit en face. Tout n’est que perception.

On n’est pas trahis, on s’est trompé. C’est si simple finalement..

Je n’ai pas été trahie, je me suis trompée. J’ai placé ma confiance, je me suis trompée.
Nous voyons en l’autre nos propres défauts (car si l’autre nous accuse de vol c’est que lui-même sait très bien le faire), mais nous voyons aussi en l’autre nos propres qualités (et donc on attend de l’autre ce que nous sommes). Et je me suis trompée.
Ça n’enlève rien à ce qu’il s’est passé, tout a été très bien calculé. Je ne sais pas faire ça, je ne sais pas voler, mentir, trahir, rabaisser, juger, colporter des rumeurs.. et cela me convient parfaitement. J’aime bien être qui je suis, j’aime me voir avancer, j’aime me remettre en question. J’aime voir où je me plante aussi. Même si ça fait mal.

Je sais que le choc a été violent, parce que d’habitude il me suffit de dormir, être le lendemain, pour que je me remette et passe à autre chose. Sans doute aussi, que je reste sur un « non terminé », la discussion étant complètement impossible.
Mais plus certainement encore, quelque chose que je (re)joue que j’ai pas vu venir. Je suis visiblement placée devant un manquement personnel, quelque chose qui me fait peur, que j’ai du mal à affronter. Je me cache de quoi ?

L’angoisse est trop forte, toujours présente, et je me cache à moi-même la cause réelle.
 

 
Au fond de chaque homme se cache un être humain et tôt ou tard, ça finira bien par sortir.
 

L’inconscient, ce lourd rideau qui est certain que je ne pourrais faire face.. mais je cherche.
La peur du vide peut-être. De voir mes journées sans eux, de me remettre à m’occuper de moi et seulement moi, recommencer à coudre, affronter ma peur de la machine broyeuse de doigt, replonger dans les livres.
Faire face à moi dans la solitude de mon être et non dans ce que je peux apporter à l’autre, aux autres.
Ce que je peux m’apporter, à moi.

Peut-être que je me fais peur, nue.

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