Il suffit d'un mot

Notre-Dame de Paris

Titre : Victor Hugo
 
C’est que l’amour est comme un arbre, il pousse de lui-même, jette profondément ses racines dans tout notre être, et continue de verdoyer sur un cœur en ruine.

 

Golden Brown by The Stranglers on Grooveshark

 

Nous sommes donc allés sur Paris. Ou presque, pinaille pas.

Paris, c’est la ville de toutes mes émotions, de ma vie, de mes deuils, de mon identité.
J’y suis née.
Je n’ai aucune idée du temps qu’il faisait ce jour là, de si mon père en a pleuré de rage ou s’est noyé d’alcool, ni même de qui m’a mise au monde. Je sais simplement y être née, y avoir vécu, y avoir regardé de prêt ses rails de métro, l’avoir traversée.
Petite, je la contournais à 5h du matin en voiture quand je partais chez mes grands parents, dans cette maison aux volets vert pomme ; allongée sur la banquette arrière, je regardais le monde tourner, La Défense se promener dans les nuages, les tunnels aux lumières oranges clignoter, le son de la musique toute neuve des années 80. Déjà je rêvais des possibilités de cette ville depuis le puzzle que j’en grappillais, dans le silence et la nervosité de ma mère concentrée sur la route.

Paris, c’est la ville où il y a autant de personnes que de pigeons. J’aime pas les pigeons. J’aime pas les gens.
Et au moins moitié de statues. Souvent laides. Et autant de fontaines. Souvent belles.
Il y a les boutiques de mode les plus chères, les vêtements les plus hétéroclites, les meilleurs thés, les terrasses les plus incroyables, de tous les horizons de tous les pays, des jardins magnifiques, des musées extraordinaires, des expositions étonnantes, et .. et.. Paris.

Paris, cette splendeur et laideur qu’elle affiche et que nous pouvons ne pas voir si nous sommes maladroits. Paris, que j’ai montré à tout le monde sauf à S. parce qu’il disait un jour. Et qu’un jour il est mort avant Paris. La lassitude de l’attente, sans doute.

J’y reviens toujours, à Paris. J’y suis liée.
Elle est l’éloignement le plus parfait de ce dont j’ai besoin pour vivre : les arbres, la nature, les animaux, le ciel bleu, l’air pur, la montagne, le silence, la quiétude, les odeurs des fleurs, la contemplation, la solitude..
Plus éloigné, j’ai pas trouvé. Pourtant je reviens toujours à Paris. La ville de béton aux odeurs lourdes, entourée d’arbres pour faire croire que le vert a gagné sur le gris.. je l’aime. Profondément. Intimement liée à ses battements de cœur, sa vie, son excitation survoltée, ses cadeaux de vie..

Je voudrais y vivre, autant que dans ma montagne solitaire entourée d’arbres et de biches.

L’ambivalence, dans sa plus pure expression. Un jour sûrement, je saurai où je veux vivre et j’y serai bien. Je songe depuis quelques jours, que vivre du côté de Paris maintenant, et à la montagne quand les petits seront grands, serait un joli projet de vie. J’oublie volontairement les prix des loyers qui étranglent et l’air pollué qui peut me faire tousser.

Sur Paris nous sommes allés, donc.
Cinq heures de route, de nuit.
Le temps de croiser deux amies (+conjoint/enfants), dormir chez Blanche-la-sociale, rencontrer tout son quartier trop de personnes, envoyer Prince à l’école sur une matinée avec son papa et sa cousine, manger au restaurant en amoureux, pleurer sur la ville merveilleuse de Blanche (médiathèque gratuite sérieux.. gra-tui-te ! et 30 livres par cartes gra-tui-tes.. grmph), trier des vêtements, finir un livre au milieu du quartier d’amies de Blanche (quand je vous dis que je suis pas sociable), une décompression de Prince pendant 20 minutes chez une amie (trop d’émotions en quelques jours), un autre tri de vêtements, une promenade toute zen.. et nous devions déjà repartir.

J’aime mon appartement, bien qu’il soit trop sombre et que je rêve de lumière et d’arbres depuis ma fenêtre.
L’appartement de Blanche, je l’aime encore plus. Passer un salaire entier dans le loyer, beaucoup moins. Mais sinon, avec sa grande baie vitrée sur la terrasse arborisée, il est classe.
Qu’on me trouve dans son quartier, un appartement en RDC avec la même chose et un loyer correct, et je déménage.
C’est dit.

12 Comments:

  1. LN

    Moi je vote pour ! viens habiter à côté de chez Blanche tu seras donc beaucoup plus près !!!

      1. LN

        oui m’enfin peut être les aides sont plus importantes et ça compenserait ???
        j’y crois j’y crois j’y crois !!! Et je suis sure que Dame Blanche abonde dans mon sens !

        1. Aucune idée et on ne le sait pas avant d’avoir emménagé. Autant dire que c’est chaud de se baser là-dessus 😉
          Oh j’en doute pas :p

  2. LN

    et je surenchéris de manière très matérialiste : si la différence de taille entre ton aîné et mon loulou se confirme, je te garder tous ses vêtements dès qu’ils deviennent trop petits

      1. LN

        Oui mais si Gnome fait une poussée de croissance et rattrape Corwin ça ne servira plus à rien lol !

  3. Mésange

    On s’inscrit sur « liste d’attente » pour tenter de se voir lors de votre prochain passage 😉 C’est sûre que là ça faisait beaucoup trop de choses, en trop peu de temps! bisous doux, et pardon pour le mail qui prend du retard…

    1. Non pas sur liste d’attente, la prochaine fois tu es prioritaire. J’étais bien triste de ne pas pouvoir te voir, mais je ne voyais pas comment faire. La prochaine fois, je découvre ton chez toi ? 😀

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