Le sentiment d’abandon : Se libérer du passé pour exister par soi-même

Titre : Saverio Tomasella
 

Au niveau individuel, chaque être humain a vécu, au moins une fois dans sa vie, la crainte ou la réalité d’un abandon. Chacun, de près ou de loin, est concerné par le sentiment d’abandon. Le fait même d’utiliser la formule « sentiment d’abandon » montre à quel point ce vécu est profond et implique le centre de l’être, ce qui est essentiel et vital.
Les peurs et les souffrances gouvernent profondément nos existences.
Nous, adultes, préférons souvent gronder, forcer ou convaincre un enfant pour faire taire en nous ce qui nous dérange ou nous effraie le plus, à commencer par nos angoisses d’abandon… À n’en pas douter, quel que soit l’angle sous lequel nous considérons la relation de l’adulte à l’enfant, nous découvrons que c’est à l’adulte de mettre en oeuvre bienveillance, écoute, patience et sollicitude.
L’adulte est responsable du « travail intérieur » qui lui incombe pour mieux accueillir l’enfant face à lui, pour mieux l’entendre, mieux lui parler et mieux le respecter, donc pour mieux l’aider à grandir !

 

X&Y by Coldplay on Grooveshark

 

Cette impression de prendre une place, une autre, d’exister différemment, d’exister avec d’autres couleurs..
Cette sensation de temps, là, devant moi, qui ne demande qu’à être cueilli. Et que je prends entre mes doigts avec un soulagement difficilement descriptible.
Je partage. Mon temps, mes premières gaufres (parce que j’ai réussi la recette) avec la maitresse, la maman-voisine, la voisine-adorable, les sourires avec les personnes que je croise, les mots avec ma voisine-adorable,.. c’est comme une existence différente.

A l’école, les parents sont fermés. Ils sont en eux, à l’intérieur. Nous attendons sous la pluie qu’un portail s’ouvre et c’est chacun le regard sur le sol comme si nous ne pouvions partager nos gouttes d’eau. C’est d’une banalité affligeante. Hibou cherche leur regard, mais quelque chose ne fonctionne pas. Ils sont loin, les gens, parfois.

A l’école, j’ai dit merci à la maitresse. Parce que mon fils a tenu sa journée dans sa classe, parce qu’il ne s’est pas blessé au bras ou au visage de stress et de panique, parce qu’elle ne crie pas. Même s’il veut changer d’école, aller ailleurs, il n’a pas dit « je ne veux pas aller à l’école ». Mais « je veux en changer ». Une différence capitale et extraordinaire. Et il veut en changer, parce qu’il y a un enfant qui l’a embêté. Et puis il a deux amies, déjà. Deux petites filles.

Je pourrais en danser de joie, de voir mon enfant devenir si grand, d’avoir tant de ressources en lui, d’avoir été à l’école tristement cette après-midi mais d’une manière si calme. Il est beau oui, mon petit-grand. Je suis fière, également. Que nous ayons su voir, quand il était prêt.

Et puis Hibou. Qui s’est calmé dès la porte fermée sur son frère, ce matin. Il s’est occupé seul, dans la chambre de Prince. Nous avons fait les gaufres, il a mangé la pâte sur la spatule assis dans sa chaise et les yeux rivés sur l’appareil magique.
Il a recommencé ses bêtises quand Prince est revenu, pour attirer l’attention d’un grand frère fatigué qui avait besoin de solitude. Je crois que nous allons tous trouver un bel équilibre dans cette nouvelle histoire qui s’écrit.

Je les aime fortement, mes petits.

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2 commentaires sur “2”

    1. C’est une belle étape pour lui, son évolution, son dépassement.. c’est magnifique 🙂

      Bon côté maitresse.. je voulais VRAIMENT voir que du positif. Il va nous falloir être bien attentif..

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