Le tarot celte des arbres

Titre : Liz Murray, Colin Murray
 
La Mer ; Ainsi, considérant la mer, ses profondeurs cachées, le voyage et les liens maternels (..), vous voyagez dans une mauvaise direction, ignorez les racines dont vous êtes issu.

 

Pendant quelques années, j’ai vécu en cité U. C’est lors de la première année que j’ai découvert le tirage des cartes par le tarot, avec un jeu neuf qui n’était pas le mien, en provenance directe de Femme Actuelle (mais visiblement de l’autre côté, ils se moquent du support). Le jour où j’ai dû le rendre à la personne à qui il appartenait, non seulement cela a été douloureux pour moi, mais cela a tué le jeu lui-même. Par une sorte de suicide énergétique, les cartes n’existaient plus qu’en tant qu’objet de décoration.
J’ai donc fini par me résoudre à acheter un jeu de tarot et un livre de significations. Puis d’autres, des deux. Pour le plaisir, la collection, l’enthousiasme.. et ce que je n’avais pas encore compris : je n’avais pas trouvé mon jeu.
J’ai papillonné de tarots en tarots, la tête dans les nuages et les études en boulet attaché au pied.

A la cité U, je me suis fait une réputation bien malgré moi de tireuse de cartes et des gens inconnus venaient parfois me voir accompagnés de vagues connaissances croisées. Certains gênés, la plupart incrédules et riant autant de la demande que de prendre des cartes au hasard comme si c’était l’action la plus ridicule qui soit (nous n’en étions pas si loin).
Ce fut l’année la plus sociable et la plus solitaire.
Toujours, je les prévenais : je ne savais pas pourquoi, mais au lieu de tirer l’avenir je tirais le passé des gens. Ce qui les faisaient encore plus rire, bien sûr, ils me disaient d’accord mais ne me croyaient pas davantage. C’était amusant de se faire tirer les cartes, un truc à raconter en soirée pour se moquer de la fille bizarre du 4è étage.
Ils repartaient la plupart du temps déboussolés, blêmes et m’évitaient par la suite systématiquement.

J’ai fait un site internet, où je regroupais tous les tarots que je rencontrais, avec des photos des cartes. Des gens me contactaient, ce qui a commencé à me peser.
J’ai ralenti le tarot, occupée à me comprendre davantage moi et non les autres, qui restaient des êtres obscurs.
Et puis j’ai arrêté sans vraiment faire attention. Dire le passé aux gens a fini par perdre son attrait, sincèrement.

C’est dans cette période que j’ai trouvé un tarot magnifique, un tarot celte qui manie les lames et les runes, un tarot d’arbres et son alphabet Ogham.. et comme les runes ont une petite tendance à dire le passé elles aussi, ou à défaut, le présent, il était tout indiqué pour moi.
J’ai du faire avec ce tarot, trois ou quatre tirages pas plus. Les vérités qu’il sortaient étaient encore plus déboussolantes que lorsque je tirais le passé avec les autres cartes, parce que ce jeu là tenait dans ma main. Lié à moi, profondément.
Seulement j’avais déménagé, plus vraiment de personnes pour me demander de tirer des cartes, je suis tombée en dépression et puis S. est mort.
Et j’ai laissé dans un coin, tout ça. Tarots, runes, pendule. Tout un carton. J’y ai même une dizaine de tarots jamais ouverts que je cherche à offrir (faites vous connaitre, n’hésitez pas, certains sont très beaux ^^).

Et puis il y a deux jours, j’ai retrouvé ce carton, je l’ai ouvert, j’ai retiré tous les tarots neutres de mon énergie en attente d’être offerts, mis de côté deux ou trois jeux et je n’ai pas pu m’empêcher de tirer une rune, pour le plaisir.
Évidemment, j’ai tiré le passé (proche). Ça ne m’a pas emballée de continuer à tirer le passé, pas emballée qu’on me dise que c’était un mauvais séjour et voyage.
J’en ai parlé avec une amie qui m’a demandé de lui tirer les cartes, pour voir ; ce que j’ai fait avec mon tarot celte.. et là, surprise : j’ai tiré passé/présent/futur. D’après les cartes, elle devrait bientôt être enceinte.

Très curieuse, je me suis tirée les cartes parce que je sais aussi profondément que si ça me revient c’est que je suis concernée.
J’ai tiré là encore, passé/présent/futur.
J’aurais juste dû m’abstenir.

Parce que outre la claque, ce qu’on me dit c’est que je dois découvrir mes racines maternelles (je note d’ailleurs que le tarot se moque éperdument du côté paternel. Ça tombe bien).
Et que ce matin, j’ai fait tomber une carte du jeu, sans le vouloir. Une seule.
Il semble que l’on insiste prodigieusement sur la connaissance du passé et l’écriture.

Mais maintenant, ça tourne dans ma tête.
Et la tête qui tourne, ça empêche d’écrire.

Fleur

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14 commentaires sur “14”

    1. Il m’est fortement suggéré, pour avancer, de connaitre mes racines, de savoir qui est ma mère. De libérer d’où je viens, libérer les mots, les émotions, les gens, moi-même. En savoir dans le tréfonds de moi-même, que c’est important de savoir d’où l’on vient, ne m’a pas préparée à ce message ni à la manière dont je suis censée m’y prendre.
      Il me faut écrire. Cela aussi, m’a été dit. Et je vais je pense, commencer par là..

  1. Je suis subjuguée par ce post, par cette force que je sens, une forme de détermination ; je suis captivée par le pouvoir des cartes et par la femme qui écrit aujourd’hui, que je sens si différente de la tenancière habituelle de ce blog. Et je comprends la violence du message que les cartes t’envoient, ho oui, je comprends.

    1. Je suis multi-facettes, et cette part de moi-même est bien souvent cachée sur ce blog, peut-être à tort mais en tout cas pas volontairement. Ou alors, pas entièrement.. Je suis particulièrement reliée à toutes ces autres.. vies ? J’avais posé le tarot, le pendule.. mais jamais le lien. Et liée je suis à cet autre côté, à ce monde étrange, invisible et d’une puissance lumineuse.
      Les cartes, quand elles le veulent, sont un messager. Les rêves parfois, également.

      Souvent, je crois que l’on me voit illuminée. Et je le suis, mais moi je n’y vois que de la lumière sur le chemin 😉

      Merci de tes mots 🙂

  2. Bon, y’a plus qu’à.

    J’ai été mis au courant pour les dons de jeu.
    Le mien (mais il s’agit d’un Oracle ;p) prenant la poussière, comme les runes, je ne suis pas convaincu que celà soit une bonne action que d’en prendre un. Il ferait la conversation à l’Oracle sous la poussière peut être.

  3. Je suis troublée par ce post car il y a quelques jours j’ai précisément pensé à toi en me disant combien ça devait être… perturbant/frustrant/ »colérant » et beaucoup d’autres émotions… de ne pas être sûre de savoir qui est sa mère, et je me demandais si tu n’avais pas (plus ?) l’envie de mettre de l’énergie à éclaircir ce mystère qui personnellement ne me laisserait pas en repos parce que tant de choses sont liées à cela…

    1. C’est très compliqué.. je suis liée à cette question de beaucoup de manières et par bien des émotions.

      Au départ, j’ai eu le vertige. Un gouffre sous les pieds c’est ouvert, et le premier sentiment a été de la panique. La pure. J’ai mis un moment à m’en remettre, le psy n’a pas été là pour me relever (à l’époque c’est par lui que j’ai ouvert les yeux et donc vu cette photo d’un point de vue de mère et non d’enfant qui croit ce qu’on lui dit), et ce fut compliqué d’être lâchée faute de cadre adapté.

      Maintenant, quand je me dis que c’est n’importe quoi de penser qu’elle n’est pas ma mère, je reprends la photo. Et je me remets en tête toutes les phrases de ma mère qui sont des mensonges auxquels elle croit désormais, mais qui ont bâtit mon enfance sur du sable mouvant. Rien n’est stable, mais le fait de le savoir est déjà quelque chose à quoi s’accrocher.

      Le fait de rester dans l’ignorance me permet de me dire qu’elle n’est pas ma mère, et c’est un soulagement dont on peut difficilement avoir idée quand on ne connait pas cette femme. Du coup si j’apprends finalement que c’est bien ma mère, ça va être tout autant difficile à gérer.
      Je ne suis absolument pas objective sur la question.
      Évidemment, en éclaircissant la question (mais pour l’instant je ne sais pas comment m’y prendre), je pourrais apprendre que ma tante est ma mère et donc m’apaiser sur la chose. Et faire très certainement remonter par le même coup de la colère sur cette situation incroyable.

      En y réfléchissant, il y a quelques jours, j’ai réalisé une (autre) phrase de ma mère, qui ne tient pas debout quand on y réfléchit, mettant un peu plus de poids encore du côté de ma tante.
      Je vais essayer d’en parler sur un post.

      Mais en résumé, j’essaye d’être en paix avec l’idée qu’elle n’est pas ma mère, que ma tante a fait ce qu’elle a pu, que ma mère également. Et qu’un jour, il serait bon que j’apprenne vraiment ce qu’il s’est passé. Mais je me sens liée par ma mère qui croit à son mensonge et ne lâchera rien (elle est psychotique d’après le psy que j’avais vu), à ma tante qui ne lâchera jamais rien, à mon père que je ne connais pas et qui est introuvable à cause d’un nom trop passe-partout.

      Je n’ai aucune idée de comment prendre cette affaire.

  4. Le vertige, la panique, la paralysie… à première vue on dirait que ‘savoir’ te terrifie plus que ne t’attire… parce que « et si » !! La situation est tellement abracadabrante.
    Je comprends que, quand on a réussi à décanter la boue, on n’a pas envie d’aller remuer la vase ni réveiller le monstre qui y est (peut-être) tapi… mais tu n’es plus la petite fille vulnérable se retrouvant soumise malgré elle au bon vouloir d’une folle, tu es devenue une adulte, une amie, une épouse, une mère, et plein d’autres facettes que tu as réussi à construire et développer malgré tout ça, malgré elle… Tu es une personne magnifique et tu n’es pas toute seule. Elle n’a plus le même pouvoir de nuisance sur toi. Il faut être prudent pour les petits, je connais tes inquiétudes à ce sujet, mais penses-tu réellement pouvoir arriver un jour à être en paix sans éclaircir au préalable ce mystère ? (je conçois que c’est possible à faire mais pfiou !)
    Tes grands-parents pourraient-ils être une piste ?
    En vieillissant, ta tante a peut-être évolué sur cette question ? ou s’est peut-être confiée à quelqu’un ?
    Si cette colère que tu évoques pouvait remonter et s’évacuer, ne penses-tu pas que ça pourrait débloquer des choses par exemple au niveau de la fibro ?
    Est-ce que la question du père changerait de perspective si c’était ta tante ou tu es sûre du nom ?
    Je ne sais pas pourquoi je me sens « impliquée » (j’allais dire concernée) par ces questions qui te sont pourtant strictement personnelles, c’est assez étrange et peut-être bien dérangeant pour toi, aussi n’hésite pas à me dire si tu préfères que je garde mes pensées pour moi !
    Plein de bisous

    1. La situation est trop.. étrange, bizarre. Pas logique. Pas quelque chose qu’on fait, normalement. Abracadabrante, c’est le bon mot. Régulièrement, je me dis que c’est n’importe quoi. C’est je pense, ce qui me retient beaucoup.

      Mes grands-parents sont dans le déni total de l’état de ma mère, elle ne ment pas, etc. Je leur ai prouvé à plusieurs reprises que c’était faux, qu’elle était violente et incontrôlable, ils le refusent et ne veulent pas en entendre parler.

      Ma tante ne se sera pas confiée (pour ce que j’en sais, bien sûr). C’est une personne secrète, elle garde les choses.

      Pour le nom, à priori (je prends des pincettes, ma mère a le mensonge facile) c’est le bon. D’abord parce que j’ai vu des photos de lui dans l’hôtel où lui, ma mère, et ma tante travaillaient à l’époque. Ensuite parce que sur une photo de moi bébé (1 mois), on voit des photos de cet homme là posées à côté de ma tante. Du coup ça colle. Ça ne veut pas dire qu’elle m’a donné un vrai nom, mais je le sens comme ça.

      Il est assez juste de penser que peut-être cela aurait une incidence sur la fibro, je n’en ai aucune idée. A priori cela a fait des dégâts sur mon corps, le médecin explique en tout cas ainsi, mon pied qui se bloque + douleurs et le second qui commence à faire pareil : la fibro me crée des rhumatismes qui n’étaient pas là avant. Et il est vrai que les douleurs y sont différentes. Bref.

      Dérangeant, non 🙂 Merci pour tes mots.
      Je reste d’une grande vulnérabilité à la violence et aux conflits, et quand j’y réfléchis je sens bien que c’est lié à elle. Je travaille sur moi, j’avance, mais je n’ai pas tout résolu. Ce mystère-ci en fait sans doute parti.
      Je crois que d’une certaine manière, je voudrais savoir, sans conflit et en claquant des doigts 😉

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