Il suffit d'un mot

La fatigue émotionnelle et physique des mères : Le Burn-out maternel

Titre : Violaine Guéritault
 
Je n’ai pas vraiment de raison de me sentir stressée, je ne fais que m’occuper des enfants après tout, ce n’est pas comme si je travaillais !

 

Elle est douce, attentive et charmante, elle a deux enfants et en veux un troisième, adore être enceinte, porte ses petits toute la journée sans les poser et fait du cododo avec ses deux enfants de 9 mois et 3 ans. Elle reformule ses petits rien qui font le monde des enfants si difficiles, elle ne lit que des livres sur la parentalité positive, ses sorties hors enfants sont toutes tournées vers la parentalité positive, elle m’invite à ses sorties de parentalité positive, elle pense, rêve et vit parentalité positive.
Je l’admire.

J’ai la sensation d’être une maman égoïste. A tout le moins, une personne égoïste.
Je voudrais sortir de chez moi sans enfants et sans y penser, boire un thé avec une amie sans évoquer une couche ou des pleurs, m’épanouir dans un domaine quelconque le plus loin possible de l’idée parentale, je voudrais du temps pour écrire, marcher, coudre, lire Rilke, lire des romans de SF, lire tout et n’importe quoi, retrouver le silence des librairies, prendre un bain de temps en temps,.. sans enfants dans les pattes.

J’ai un enfant hyperactif qui s’est relativement bien calmé mais qui a d’intenses besoins et un autre enfant aux besoins intenses, deux gnomes qui hurlent du matin au soir et que je dois occuper en permanence, une maison à tenir qui se tient toute seule faute d’énergie, un mari qui voudrait me retrouver dans le lit quand je ne rêve que de dormir.

Je suis allée sur Paris et j’ai vu Blanche une journée et demi. Sur ce court temps imparti, nous avons particulièrement fuit la maison, de manière volontaire et assumée. J’ai laissé derrière moi les hurlements et j’ai accueilli nos silences et nos mots avec délectation.

Je les aime mes enfants, mais j’ai ce besoin de respirer un autre air que le leur, à minima une fois par semaine.
Je réussis à le faire une fois tous les 6 mois.
Je ne perds pas espoir, mais patience par contre.. souvent.

Like

16 Comments:

  1. Oh comme ça me parle, au coeur de mon propre burn-out qui prend toute la place. Je veux des librairies, je veux ce silence, je veux des mots d’adulte, moi aussi. Je veux faire l’amour en prenant le temps, dans un matin plein de lumière.

    1. Je n’ai pas trouvé comment y faire face ; par exemple cette semaine, à part jeudi je ne vois pas où caser ma marche quand LeChat rentre à 19h45 de son travail.. cela me semble insoluble, du fond de ce burn-out et de cette impatience/colère qui se pointent jour après jour.
      La première qui trouve la solution (ebay n’est pas une solution), fait signe à l’autre ?

        1. Pas confiance/pas d’argent.. je ne suis pas certaine duquel l’emporterai sur l’autre si l’un se débloquait ^^
          Il va falloir que je trouve une manière de faire rentrer de l’argent de mon côté..

  2. Je crois que c’est ce qui me permet d’être une bonne mère, de ne pas être investie dans ce maternage proximal, intensif, etc.

    Quand Cro-Mignonne était petite, je la portais en écharpe, mais elle dormait dans son lit dans sa chambre, je lui faisais ses petits pots, mais elle allait dans son transat, j’adorais parler avec elle mais pas jouer à quatre pattes par terre, etc.

    Et j’avais ce besoin, rapidement, de retrouver le chemin du travail, de l’adultie, pour mieux me jeter dans le creux de son cou et respirer son odeur de bébé.

    Déjà comme ça j’ai souvenir de la première année comme d’un marathon et des trois premières comme d’un sacerdoce. Mais j’ai tenu.

    Et le problème c’est que chacune de nos recettes est personnelle et impartageable…

    1. Je sens bien que je serais meilleure mère, que le suis d’ailleurs quand j’ai ce temps pour moi sur quelques heures. J’ai besoin de ce temps et j’ai parfois l’impression de le voler.
      Je me reconnais complètement dans ce que tu me dis.
      Je n’ai pas de chemin du travail à retrouver, c’est peut-être aussi pour cela que je peine, ce n’est même sans doute, pas du tout étranger à ma situation que je vis parfois difficilement : je n’ai pas de but à atteindre, hors je suis faite pour en avoir.

      Oui effectivement.. très personnelles, les solutions mises en œuvre..

    1. Merci pour la lecture 🙂
      Tu as les mots justes.. apprendre à déculpabiliser, c’est le point de départ de ce besoin vital qui nous rend aux enfants meilleure maman puisque plus zen.

      Merci ^^ Je voudrais prendre le temps de le remplir un peu plus de noms, un de ces quatre 😉

  3. J’aurais ce soir tant à dire (à larmoyer en fait) sur le sujet que je ne sais pas par où commencer. Tu te contenteras donc, si tu veux bien, d’une brassée de bises sororales.

    1. Oh je compatis, je connais bien, trop bien.. j’ai fini la journée d’hier dans une crise de larmes, parce que LeChat m’a demandé de regarder un film. Il n’y avait aucun rapport, vraiment aucun. Les larmes et l’épuisement ressortent à des moments complètement incongrus..
      Tu as mon mail, si besoin.
      Bisous doux belle Dame

  4. Je ne pense pas que celles qui s’investissent à ce point soient de meilleures ou de moins bonnes mères que celles qui ont besoin de respirer d’autres odeurs que celles de leurs enfants de temps en temps… En fait, tout dépend de ce que ça apporte à la mère et à l’enfant, or leurs besoins sont très différents en fonction de tout un tas de choses (la culture, le vécu, le rapport à sa propre mère, le passif, le caractère…).

    Par exemple, pour le co-dodo, j’avais un chat caractériel habitué à dormir sur mon lit et j’étais persuadée que si je le pratiquais, nous dormirions tous plus mal (moi, le bébé, son père, et sans doute même le chat !). Par chance mon fils a fait ses nuits très très tôt dans son lit sans problème et reste encore à ce jour un gros dormeur. Mais s’il n’avait pas fait ses nuits, j’aurais cherché une solution, et peut-être en serais-je arrivée à essayer de le faire dormir avec nous.

    Pour le portage, non seulement j’aimais le sentir contre moi, mais en plus c’était la seule chose qui calmait ses coliques du nourrisson : maman contente de le câliner et de ne plus l’entendre hurler, bébé calme et rassuré, tout le monde y gagne. Je suis presque sure que si je m’étais forcée à le faire avec déplaisir, il l’aurait senti et il n’aurait pas nécessairement cessé d’hurler, car les bébés sont des éponges à émotions…

    A l’heure actuelle, je n’ai plus de travail, je suis au foyer et je pourrais donc en théorie m’occuper de mon enfant durant toute la journée… Mais j’ai choisi de le faire garder par une nounou quatre journées par semaine. Si je ne recherchais pas un autre travail, si j’étais rentière, je ferais la même chose à moins que mon enfant ait l’air d’en souffrir. Là non, il fait plein de chouettes activités dont des jeux que je ne peux pas lui proposer, il est gardé avec une petite fille de son âge qu’il adore, ll va bien, et de mon côté quand je le retrouve, je suis plus détendue, plus reposée, et finalement beaucoup plus disponible pour lui. J’en ai besoin alors que je n’en ai qu’un seul qui n’est ni hyperactif ni né avec des besoins intenses, c’est dire mon égoïsme ! Mais en effet, à mon avis, l’essentiel c’est de ne pas culpabiliser, tes besoins à toi aussi tu es en droit de les respecter.

    Je t’envoie un petit geste amical (une bise ou un simple coucou de la main, comme tu préfères) d’une mère qui a accepté son égoïsme.

    1. Synchronicité amusante, j’ai découvert ton blog hier par le biais de je-ne-sais-plus-qui-ni-comment ^^

      Je suis entièrement d’accord avec toi. Je ne crois pas mon amie meilleure mère d’ailleurs, mais je suis impressionnée, autant par sa capacité que par mon incapacité ( à faire ce qu’elle fait). Je ne veux pas nous comparer, et comme tu le dis si bien, ses besoins et ceux de ses enfants sont différents effectivement. Ce que je n’ai pas pensé à dire, c’est que cette maman m’apaise et m’apporte énormément 🙂

      J’ai fait du cododo également, juste nous avons fait en fonction des besoins de chacun. Pour le portage, j’ai porté mon premier longtemps, jusqu’à ce que le corps me lâche en fait. Et du coup j’ai à peine porté mon second, pour la même raison (et ça, ça me fait bien chier. Mais c’est comme ça). Le papa a fait ce qu’il a pu (il adorait ça lui aussi), il bossait beaucoup et le portage s’est perdu.

      Oui les enfants sont des éponges, je te rejoins entièrement.

      Quatre jours je sais que cela me serait dur, ou alors progressivement peut-être (pour moi :p ). En réalité j’aurais besoin d’une aide à domicile et que la personne aille cherche le grand à l’école quand je me retrouve en difficulté. Mais la sécu et la mutuelle s’en fichent royalement et j’ai pas l’argent (un salaire pour 4).
      Vu que tu dois être certainement dans ce cas de figure, pourrais-tu me dire comment tu/vous faites financièrement ? Si ce n’est pas indiscret.

      J’ai un peu poussé le trait en employant le mot égoïsme 🙂 C’était volontaire. Je ne juge pas, et surtout je ne me juge pas. J’ai ce besoin, et j’ai intérêt (ainsi que mes petits) à y trouver une solution. Je pense avoir accepté mon « égoïsme », en tout cas j’ai écrit le post pour ça. Le mettre en pratique m’étant difficile, c’est que je coince encore sur des choses je pense.

      Merci pour tes mots, des bises à toi 🙂

  5. Je me suis remise à écrire récemment et beaucoup des blogs que je lisais ne sont plus tellement mis à jour, alors pour renouveller mes lectures je visite les liens des blogs amis. Mous en avons quelques uns en commun.

    Ici ça a été très progressif. Il a commencé à être gardé il y a un an deux jours d’abord, il y a encore trois mois c’était trois journées par semaine. Après là aussi, c’est également une question de préférences personnelles. Oui en lisant d’autres textes, l’idée de l’aide à domicile m’est venue à l’esprit aussi. Ce serait l’idéal, j’espère que la situation s’améliorera d’une manière ou d’une autre.

    Ce n’est pas indiscret mais je ne suis pas vraiment dans le même cas de figure. J’ai été licenciée pour raisons économiques il y a 3 ans, j’ai eu une aide de la part de Pôle Emploi qui était quasiment égale à mon ancien salaire. A la fin du mois, je ne toucherai plus aucune allocation d’aide au retour à l’emploi en revanche. Mais nous n’avons qu’un seul enfant et mon compagnon a un très bon salaire. Il pourrait nous faire vivre tous les trois, mais je préfèrerais retrouver un travail, même si ce serait nécessairement un travail à temps partiel. Bref, ma situation est nettement moins difficile à gérer que la tienne dans l’ensemble.

    Alors me voilà en partie rassurée pour l' »égoisme ».

    Bises

    1. D’accord, merci beaucoup d’avoir répondu ! Effectivement différent, il y a quelques années maintenant que je ne bénéficie plus de la possibilité pôle emploi (enfin il restera sans doute le RSA..). Je t’ai demandé, dès fois qu’une solution m’aurait échappée ^^ J’ai parfaitement conscience de ne pas connaitre tout ce qu’il faudrait de l’administration.

      Je te souhaite de trouver le travail qui te convient parfaitement 🙂 Ce n’est pas forcément évident, mais on a parfois des surprises !

      Des bises à toi 🙂

  6. * il fallait « 2 » à la place de « 3 » (précision un peu inutile mais bon, 3 ans d’allocations chômage ça aurait fait beaucoup). Belle soirée

Leave a Reply:

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *