Il suffit d'un mot

Le Syndrome Copernic

Titre : Henri Loevenbruck
 
Il y a moi, il y a vous, il y a eux. Il y a moi qui écris et il y a vous qui lisez, peut être. Mais ces mots ne sont pas moi, ce n’est pas moi que vous lisez. Ne rêvez pas: moi est inaccessible. Et je ne dis pas ça pour me vanter. C’est comme ça, c ‘est dans l’humain.
(..)
L’invention du langage est le plus bel aveu de notre incapacité à nous comprendre.

 

J’y suis allée dans le stress.
Je n’ai jamais dit à un médecin « j’ai ça, confirmez s’il vous plait et donnez moi l’ordonnance ». D’abord parce que je n’ai pas fait leurs études, ensuite parce que je ne vais que rarement chez un médecin et enfin parce que je déteste prendre un médicament. Même quand j’ai compris, via le net, que j’avais le plus certainement du monde une fibro, j’y suis allée en attendant tranquillement le diagnostic. Chacun son domaine.

Alors hier, j’y suis allée en disant j’ai trouvé quelque chose par hasard, je ne savais pas que c’était des symptômes et ça me correspond. Le tout en faisant toucher le bras avec mon pouce et en montrant le bleu noir de y’a 15 jours fait par Prince sur mon bras quand il s’est jeté sur moi pour me faire un câlin.
Et je crois que je ne l’ai pas vexée. Elle m’a dit qu’effectivement, ça correspondait vraiment, que c’était encore moins bien reconnu que la fibro, qu’il ne fallait pas compter sur la sécu, pas de traitement en vue, pas de recherche comme pour la fibro parce que peu de personnes (et là nous retombons gentiment dans les maladies orphelines dont tout le monde se moque puisque pas concerné). Elle m’a fait la meso en attendant que la médecine interne pose son verdict, parce que j’étais là et parce que nous avons été dépassées, mais sans me donner de rendez-vous pour une prochaine séance : ça sert à rien la méso, avec le syndrome d’Ehlers-Danlos.

Donc ce matin, je suis dans le brouillard, j’ai mal partout et surtout dans le dos, je lâche tout ce que je tiens (mon mouchoir dans les wc, ça m’a bien énervée), j’ai besoin de dormir et je suis profondément déprimée. A deux pixels de la crise de nerfs en vrai (j’assume mon soi-disant côté geek).
Je déteste la méso.

Et donc je suis censée appeler un centre de médecine interne dans le département d’à côté pour prendre rendez-vous rapidement, évitant ainsi la looooongue attente des CHU qui prend des mois et des mois. Dans quelques semaines, moins que ça si y’a eu un désistement, j’aurai la réponse qui ne changera rien à ma vie, sinon à être encore moins bien considérée par la société.
Je suis joie.
Je hais le téléphone.
Je sais bien que c’est moi qui vient de relancer la machine médicale, mais je n’assume pas très bien l’idée de devoir de nouveau me plier aux questions, au déshabillage en règle, aux examens, aux regards, à la suspicion (arrêtez donc de simuler).
Je suis fatiguée.

Edit : même si je sais parfaitement que mon moral est en chute libre à cause de la méso, des douleurs provoquées par elle et de l’épuisement lié.

Like

6 Comments:

  1. Câlins, va (mais pas trop fort, du coup).

    Au moins tu as été entendue avec bienveillance, et j’imagine que c’est une pas si mauvaise surprise, non ?

    Et pour le reste… soupir. J’aimerais bien avoir une baguette magique, tiens.

    1. J’ai rarement été aussi stressée de ma vie (enfin sans doute que si uh uh), je ne voulais pas donner l’impression que d’autres médecins avaient été incompétents, ils ont fait ce qu’ils ont pu avec les données qu’ils avaient. Du coup oui, ça m’a soulagée. J’aime bien cette femme 🙂

      J’aimerais beaucoup aussi, une baguette magique 😀

  2. Moi je veux bien qu’on se cotise pour la baguette magique … comment ça, ça marche pas comme ça ?
    De gros bisous.

    1. Pardon, j’ai tendance à simplifier parfois ^^ Il s’agit de la mésothérapie ; si vous ne connaissez pas, ce sont des aiguilles qui envoient un produit (là à la base du cou, sur la colonne et jusqu’aux épaules, je ne sais pas si c’est différent pour d’autres personnes). Ce produit me brûle tout le haut du corps, fragilise mes articulations (j’ai l’impression que je vais me démonter), et me met dans un état d’épuisement lamentable. Sur les 4 premiers jours, après ça s’apaise.
      Je ne veux plus en faire, quel que soit le diagnostic final. Cela me détraque trop (bon maintenant, cela me fait peut-être ça, justement parce que ce n’est pas indiqué dans mon cas.. je ne peux pas le savoir encore).

      La mésothérapie va continuer sa vie sans moi 😛

Leave a Reply:

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *