Il suffit d'un mot

Courir avec des ciseaux

Titre : Augusten Burroughs
 
– Tu n’as jamais le sentiment qu’on est lancés à la poursuite de quelque chose ? Une chose plus importante ? Que seuls toi et moi on peut voir. Que c’est comme si on était en train de courir, courir, courir ?
– Ouais, ça, pour courir, on court… mais avec des ciseaux.

 

Sail by AWOLNATION on Grooveshark

 

Il faisait gris, froid, il faisait fatigue aussi et je suis partie marcher avec mon téléphone qui fait musique mais sans la batterie. Déçue.
Quand je marche je pars dans mes pensées et au lieu de regarder le chemin devant moi je pars sur celui parcouru et c’est vraiment étrange, tous ces souvenirs qui me tombent dessus. Il me faudra parler un jour de Michèle, ma nounou d’une semaine qui dansait pour que les pas et la musique la sauve une seconde fois et que ma mère a enfoncée. J’ai pensé à elle à cause d’une musique entendue avant que le téléphone clignote et rende l’âme et si j’avais son nom de famille j’aurais cherché comment elle allait. Comme ça, sans lui parler.

Il faisait froid et j’ai rentré mes épaules ce qui est toujours une mauvaise idée. Et puis le soleil est revenu, il faisait toujours froid mais ça donnait de belles couleurs aux arbres et la sensation d’être à ma place. J’ai croisé deux corbeaux faisant un nid, une araignée qui courait très vite, un coq, un faisan, des poules qui me regardaient passer et un oiseau gris et blanc qui chantait magnifiquement. Pas d’écureuil cette fois-ci pour me tenir compagnie et sauter de branches en branches, mais je suis sûre qu’ils se cachaient et n’étaient pas loin, je ne désespère pas de les prendre en photo un jour de soleil et de douce chaleur.

Mes pas m’ont conduit vers les jardins et j’ai sillonné la terre et les cailloux, observant et me régalant de la beauté de ces quelques personnes, âgées, qui bêchaient, raclaient, arrachaient, semaient. Rêvant à mon tour d’avoir un tel espace pour cultiver des légumes et des fruits.
J’ai dit bonjour à plus de personnes que dans tout le mois réuni, qui jardinaient, marchaient, promenaient leur chien, courraient. Marcher, cela donne une dimension sociale que je ne soupçonnais pas et que m’avait laissé entrevoir les randonnées.
J’ai croisé un monsieur à vélo, qui tenait son guidon d’une seule main et de l’autre d’immenses et lourds outils en équilibre sur son épaule et j’ai senti que c’était cela, respirer et vivre l’instant présent.

En repartant, alors que je rêvais à la douche que j’allais prendre, à l’eau que j’allais boire et au fauteuil qui allait m’accueillir parce que j’avais un peu forcé, j’ai rencontré ces demoiselles, cinq jeunes filles de peut-être 12 ou 14 ans qui courraient ensemble et je me suis retrouvée émerveillée de voir si jeunes, cette envie mise en pratique, et c’est admirative que je les ai regardées se mettre à marcher parce que deux autres avaient un point de côté et puis que ça avait l’air d’être quelque chose qu’elles partageaient ensembles.
Et puis j’ai croisé deux autres jeunes.
Et puis trois autres.
C’était une classe, et elle trainait les pieds.

Arbre en fleurs

Photo faite avec le téléphone

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