Il suffit d'un mot

Seul le silence

Titre : R.J. Ellory
 
Peut-être est-il des mots qui ne peuvent jamais être prononcés ni chuchotés, des mots qu’il faut écrire sur une feuille de papier que l’on plie pour faire des bateaux qui vogueront sur un ruisseau pour se faire avaler par les vagues.

 

No Reply by Piers Faccini on Grooveshark

 

C’est comme s’enfoncer dans un matelas, se laisser aller, fermer les yeux et être. J’ai glissé dans le silence et je réponds à peine, je ne parle pas, je ne crie pas, je ne suis pas là. Je n’ai pas mal non plus, peut-être est-ce là le silence qu’il y a en moi, cette absence de corps, s’il ne fait pas mal il n’existe pas sur le même plan, sans douleur mon corps est en méditation. Une pointe par-ci par-là, je la tiens à distance, je veux rester dans mon silence, cette douceur amoureuse. La pureté de l’instant silence.

Derrière mes yeux je sens les mots s’entremêler, s’apaiser, tisser des âmes, danser. J’entends les couleurs se mêler et s’inventer, j’entends une histoire, est-ce qu’on peut écrire le silence du monde ou le monde peut-il s’écrire en silence, sait-on ne plus parler ou parler tout bas pour ne pas s’effrayer, le bleu du froid se réinvente-il sur le corps ou dans la fumée d’une tasse de thé qui se refroidit et perd de sa prestance, es-tu ce silence, ami. Je ne sais que le souffle en moi et dans ce silence j’apprends une danse.

J’attends le thé au chocolat orange qui s’immiscera dans ce silence contre mes doigts gelés, la tasse brûlante d’où s’élèvera une fumée légèrement invisible et légèrement odorante. L’eau prendra doucement sa couleur ambrée et il y aura un peu de moi dans la tasse chat, un peu de moi entre mes doigts.

Je ne boirais pas cette fois, mon thé froid à la fin de ce billet.
La douce chaleur silencieuse du thé où j’aime celle que je deviens.

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